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Satyre et bacchante - Pradier

James Pradier est né à Genève le 23 mai 1790, il y a 223 ans aujourd’hui.

Dans la mythologie, le cortège de Dionysos est composé de satyres et de bacchantes (ou Ménades). Le satyre est un être, mi-homme mi-bouc, doté de sabots, d’un visage grimaçant et de cornes. Il boit plus que de raison et poursuit de ses ardeurs les jeunes filles qu’il croise sur son chemin. La bacchante est une jeune femme, en proie au délire dionysiaque, échevelée, à demi nue, couronnée de lierre, qui danse et joue du tambourin.

Dans son groupe en marbre Satyre et bacchante (1834, Louvre), James Pradier représente une bacchante allongée sur les genoux d’un satyre, la tête renversée vers l’arrière, la bouche entrouverte. De sa main droite, elle saisit la tête du satyre sans que l’on sache déterminer, si elle l’attire ou le repousse.

Cette sculpture fut exposée au Salon en 1834 dans une petite pièce un peu à l’écart étant donné son sujet licencieux. Son érotisme ambigu et son dynamisme sauvage firent scandale.

Formé à la sculpture au début du XIXe siècle alors que l’art néo-classique est à son apogée, James Pradier en garde les principales caractéristiques (point de vue frontal, sujet mythologique, marbre blanc…) mais en infléchit l’austérité dans le sens d’une célébration appuyée du nu féminin. Ni le visage, ni le corps de la bacchante ne sont idéalisés. Son corps, bien au contraire, est celui d’une « vraie » femme minutieusement décrit dans ses moindres replis, ce qui accroit la sensualité et l’érotisme de cette œuvre et l’éloigne des beautés idéales antiques. D’après un élève de Pradier, le corps de la bacchante aurait été moulé sur un modèle. On chuchote qu’il s’agirait de celui de Juliette Drouet, modèle et maitresse de l’artiste dont il eut une fille. Cette rumeur tenace se trouve renforcée par le fait que le groupe scandaleux fut acquis par le comte Demidoff, autre amant célèbre de la belle Juliette (qui, sans vouloir ternir sa réputation, ne manquait pas de prétendants puisqu’elle fut aussi la maitresse de Victor Hugo !).

De nombreuses œuvres de James Pradier (Les Trois Grâces, Psyché, Phryné, Sapho assise…) sont des représentations féminines dans lesquelles l’identité du personnage mythologique n’est qu’un prétexte pour célébrer la beauté du corps féminin.

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