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Ile louviers 1760

L’ile Louviers sur le plan de Paris et ses faubourgs de Gilles-Robert de Vaugondy (1760)

Sur les cartes de Paris publiées avant le XIXe, apparait une mystérieuse île, l’île de Louviers. Pourtant lorsqu’on longe les quais de la Seine aujourd’hui, on ne rencontre que trois îles : l’île de la Cité, l’île Saint-Louis et l’île aux Cygnes. Qu’est donc devenue l’île de Louviers ? A-t-elle, telle l’Atlantide, sombré au fond de la Seine ?

D’une taille comparable à l’île Saint-Louis (environ 400m de long), cette île était située en amont de cette dernière, entre le quai Henri IV et le boulevard Morland. Elle portait à l’origine le nom d’île aux Javiaux car elle était formée d’un amas de sable et de limon (« le javeau ») charriés par la Seine et la Bièvre.

Au début du XVe siècle, elle prit le nom de Nicolas de Louviers, le prévôt des marchands de Paris, qui en avait la jouissance. Elle était alors couverte de pâturages.

Au XVIe et XVIIe siècle, elle fut plusieurs fois le théâtre de spectacles organisés pour le plaisir des rois.

Ile Louviers 1550

Ile de Louviers sur le plan de Paris de Truschet et Hoyau (1562)

Ainsi, en 1549, la ville y fit construire un pont, un fort et un petit port afin d’organiser pour le roi Henri II et à la reine Catherine de Médicis, un spectacle de combat naval et de prise d’une forteresse. Le plan de Paris de Truschet et Hoyau, daté de 1562, figure d’ailleurs pour la première fois (voir illustration ci-dessus) une construction sur l’île Louviers qui est sans doute un des bâtiments construits à l’occasion de cette réjouissance royale.

Ile Louvier 2:9:1613

Gravure de Nicolas de Mathonière commémorant la fête de la Saint-Louis, 1613, INHA

En 1613, sous Louis XII, pour la fête de la Saint-Louis, un petit château rempli de fusées de feux d’artifice fut dressé sur l’île Louviers et il mis en feu. Le roi, âgé de douze ans, et sa mère, la reine régente, ont pu admirer le spectacle pyrotechnique depuis leur tribune placée sur le quai des Célestins.

Ile Louviers 1700

Alfred Bonnardot, La maison de l’ile Louviers, Paris, musée Carnavalet (on aperçoit à droite le stockage du bois)

Au XVIIIe siècle, l’île perd son statut de parc d’attraction royal. Elle est acquise par la ville de Paris en 1700 et louée aux marchands de bois parisien qui s’en servent comme lieu de stockage. Elle se couvre alors de constructions et est desservie par deux ponts : la passerelle de l’Estacade ou le pont de Grammont (voir première illustration, plan de 1760). Quelques gravures et tableaux du XVIIIe et début du XIXe siècle ont immortalisé ces deux ponts.

Pont Grammont

Alexandre-Jean Noël, L’île Louviers et la pointe de l’île Saint-Louis, vers 1780, Paris, musée Carnavalet (le pont Grammont apparaît dans la moitié gauche du tableau)

Passerelle Estacade

Stanislas Lépine, L’Estacade, vers 1880, coll. privée

Avec le règne du roi Louis-Philippe commencent les premiers grands travaux de modernisation de Paris, qui seront poursuivis sous le Second Empire, par le Baron Haussmann. Ces travaux vont faire disparaître la pittoresque île Louviers. Dans les années 1840, sur ordre du roi Louis-Philippe, le bras de la Seine qui séparait l’île de la rive droite de Paris est comblé. L’ile Louviers perd son statut d’ile et est réunit au quai Morland. L’ancien bras de Seine comblé devient le boulevard Morland. Le pont de Grammont devenu inutile est détruit. La passerelle de l’Estacade survivra, en étant plusieurs fois reconstruite, jusqu’en 1931. Quant à l’île Louviers elle-même, on peut encore en deviner les contours sur les vues aériennes et les plans de Paris.

Ile Louviers aujourd'hui

Image de  gauche : plan routier de la ville et faubourgs de Paris, 1783 (détail) et image de droite : Google Maps, 2017 (détails)

Vue aérienne

Vue aérienne de Paris (en vert, l’ancienne île Louviers)

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