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Cariatides du temple de l'Erechthéion à Athènes portant un chiton.

Cariatides du temple de l’Erechthéion à Athènes portant un chiton.

Himation, chiton, exomide, chlamyde, connaissez-vous le mot juste pour désigner les vêtements de la Grèce antique ?  Rien de très compliqué en réalité.

Pour l’homme comme pour la femme, le vêtement essentiel est le chiton (prononcer « kitone »). Il s’agit d’une tunique formée à partir d’une pièce de lin rectangulaire. Pliée en deux dans le sens de la longueur, ses bords sont réunis par une couture pour former une sorte de « tube ». Une fois enfilé, le chiton est fixé sur chacune des épaules par des agrafes. Une ceinture serrée à la taille permet de raccourcir la longueur du vêtement en faisant blouser le tissu. L’excédent retombant sur la ceinture en formant une forme bouffante sur le ventre est nommé « koplos ».

Artémis à la biche, dite

Artémis à la biche, dite « Diane de Versailles » portant un chiton court

Les femmes portent toujours un chiton long tombant jusqu’au pied comme les cariatides du temple de l’Erechthéion à Athènes sur la photo ci-dessus. Seule la déesse de la chasse Artémis est autorisée à porter un chiton court qui s’arrête au niveau du genou afin d’être plus libre de ses mouvements pour poursuivre le gibier… Ainsi, « La Diane dite de Versailles » (Louvre) bénéficie par exemple de ce privilège.

Aurige de Delphes portant un chiton long

Aurige de Delphes portant un chiton long

Les hommes portent quant à eux un chiton court au niveau du genou. Le chiton long est réservé aux hommes de haut rang qui le revêtent lors des cérémonies civiles ou religieuses, ainsi qu’aux musiciens et aux conducteurs de chars (voir par exemple l’aurige de Delphes, 470 avant JC, musée de Delphes).

Amazone blessée (NY, Metropolitan museum) portant une exomide

Amazone blessée (NY, Metropolitan museum) portant une exomide

Il existe une variante au chiton masculin : l’exomide. Il s’agit d’une tunique courte attachée sur une seule épaule, laissant l’autre épaule découverte. C’est le costume des esclaves, des ouvriers et des soldats.

Homme portant un himation (musée de Thessalonique)

Homme portant un himation (musée de Thessalonique)

L’autre vêtement couramment porté par les Grecs est l’himation, un manteau découpé dans un vaste rectangle de laine épaisse. Il est porté sur le chiton diversement drapé autour du corps et se maintient sans attache. C’est pourquoi, les soldats pour être plus à l’aise et éviter que leur manteau ne glisse sur le champ de bataille portaient un manteau court agrafé à l’épaule, appelé chlamyde.

Il est intéressant de noter que les peintres de vases, comme les sculpteurs différencient très nettement le rendu des différents tissus utilisés pour fabriquer ces vêtements. Le chiton qui est une tunique en lin, tissu très léger, forme de multiples petits plis très serrés et épouse les formes du corps. L’himation au contraire, qui est coupé dans la laine, un tissu épais, forme des plis moins nombreux et plus larges.

Enfin, contrairement à une idée reçue, il est important de souligner que ces vêtements n’étaient pas blancs mais souvent très colorés et ornés de motifs élaborés comme le prouvent les représentations figurées sur les vase et les traces de polychromie retrouvées sur certaines sculptures.

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