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Le chemin de fer - Manet

Edouard Manet est mort le 30 avril 1883, il y a 130 ans aujourd’hui.

Il est un peintre si réputé aujourd’hui que nous connaissons tous les célèbres Olympia  ou Déjeuner sur l’herbe des collections du musée d’Orsay. Nous pouvons souvent les décrire, parfois même raconter leur histoire mais ne les regardons plus comme nous le devrions. Elles sont devenues des images trop familières. Pour mieux apprécier le génie de ce peintre, j’ai donc choisi, pour célébrer cet anniversaire, un tableau des collections de la National Gallery de Washington, Le chemin de fer (1872-1873).

Cette toile met en scène deux personnages. La petite fille qui nous tourne le dos est sans doute la fille du voisin de Manet, Alphonse Hirsch. La jeune femme assise à ses côté est Victorine Meurent, celle qui posa également nue pour Le déjeuner sur l’herbe. La scène se déroule dans le fond du jardin de l’immeuble d’Alphonse Hirsch, situé place de l’Europe à Paris. Une haute barrière en fonte sépare le fond du jardin de la voie de chemin de fer qui mène à la gare Saint-Lazare toute proche. La voie ferrée est suggérée par un épais nuage de vapeur.

Dans cette toile, Manet juxtapose les tons clairs et sombres, créant ainsi des contrastes forts, ce qui va à l’encontre des règles classiques de la peinture qui imposent le passage progressif et subtil d’une nuance à l’autre. Ainsi, la robe blanche de la petite fille s’oppose à la veste noire de la jeune femme. Il en est de même pour le visage clair de la jeune femme et sa veste sombre, le bandeau noir dans les cheveux de la petite fille et son chignon blond, les barreaux et le nuage de vapeur… Ceci a pour effet de rendre la composition plus plate, d’anéantir la profondeur. Cette abolition de la perspective est un effet de style que Manet apprécie particulièrement et que l’on retrouve dans de nombreuses toiles, comme Le Fifre ou le Déjeuner sur l’herbe.

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