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Anonyme, massacre à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, 2 septembre 1792

Anonyme, massacre à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, 2 septembre 1792

Lors de notre dernier article, nous avions interrompu notre histoire des Joyaux de la Couronne le 5 mai 1789, date d’ouverture des États Généraux et de la dernière apparition de ces somptueux bijoux avant que l’histoire de la France ne bascule. Nous sommes désormais en septembre 1792. Un mois plus tôt, les Sans-Culottes ont pris d’assaut les Tuileries, la monarchie a pris fin. Louis XVI et Marie-Antoinette ont été détrônés et jetés en prison. Depuis, Paris est à feu et à sang. Plus de 1000 personnes ont été tués lors des Massacres de septembre qui ont eu lieu du 2 au 6 septembre.

Ancien Garde-Meuble de la Couronne, actuel Hôtel de la Marine.

Ancien Garde-Meuble de la Couronne, actuel Hôtel de la Marine.

La place Louis XV, notre actuelle place de la Concorde, est devenue la place de la Révolution. Sur cette place, se dresse un bâtiment récent, le Garde meuble de la Couronne, aujourd’hui Hôtel de la Marine. Commandé par Louis XV à Gabriel, il sert de réserve au Mobilier Royal depuis une quinzaine d’années. C’est là que sont jalousement gardés les Joyaux de la Couronne depuis leur dernière apparition publique en mai 1789. Depuis le début de la Révolution, on craint en effet que le roi ou son entourage ne s’empare de cet inestimable trésor afin de financer une contre-révolution. On murmure d’ailleurs que Marie-Antoinette aurait peut-être emporté avec elle Le Sancy lors de sa fuite à Varennes…

Salon diplomatique de l'Hôtel de la Marine où étaient conservés les Joyaux de la Couronne

Salon diplomatique de l’Hôtel de la Marine où étaient conservés les Joyaux de la Couronne

Au milieu de la confusion extrême qui règne à Paris, dans la nuit du 16 au 17 septembre 1792, la police intercepte, rue Saint-Florentin, une poignée de brigands dont les poches débordent de diamants… On découvre alors que « le casse du siècle » vient d’avoir lieu. Pendant quatre nuits consécutives, des cambrioleurs se sont introduits dans les bâtiments du Garde-Meuble de la Couronne sans être inquiétés et ont fait main basse sur un fabuleux trésor, les Joyaux de la Couronne de France. Près de 9.000 pierres précieuses et l’équivalent de 7 tonnes d’or qui ont disparu.

Portrait de Danton par Constance-Marie Charpentier, 1792, Paris, Musée Carnavalet

Portrait de Danton par Constance-Marie Charpentier, 1792, Paris, Musée Carnavalet

Le scandale est énorme et éclabousse le gouvernement. Pourquoi Roland, le ministre de l’Intérieur, est-il resté sourd aux supplications de l’intendant du Garde-Meuble qui demandait de renforcer la garde autour du bâtiment quelques jours avant le cambriolage ? Comment ce même intendant qui logeait à quelques dizaines de mètres des joyaux a-t-il pu ne rien entendre pendant les quatre nuits où a eu lieu ce gigantesque casse? Les suppositions vont bon train. On accusera ainsi Danton d’avoir organisé le vol afin « d’acheter », avec les Joyaux, le duc de Brunswick pour qu’il batte en retraite lors de la bataille de Valmy et laisse la victoire aux Français. Cette théorie sera d’ailleurs retenue contre Danton en 1794 lors du procès qui le conduira à l’échafaud.

Pourtant, cette explication facile de la victoire aussi décisive qu’inattendue des Français à Valmy est fausse. Le duc de Brunswick n’a jamais eu Le Sancy, ni Le Diamant Bleu entre les mains. La réalité est tout autre… (à suivre)

 

 

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