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Hokusai - Hibiscus et moineau - vers 1833-1834 - Japon, collection particulière

Hokusai – Hibiscus et moineau – vers 1833-1834 – Japon, collection particulière

Vers 1833, Hokusai s’essaye à un genre récemment apparu dans le monde de l’estampe japonaise (ou ukyo-e), la représentation de fleurs et d’oiseaux. Ce thème, appelé kachoga au Japon, répond à une longue tradition en peinture, mais Hokusai va lui donner ses lettres de noblesse en estampe.

Il réalise en 1833-1834, sous le nom de Litsu, une série dite des Grandes fleurs composée de dix estampes horizontales polychromes, à laquelle appartient cette planche intitulée Hibiscus et moineau. La composition de toutes les estampes de la série est identique : les fleurs sont cadrées en gros plan sur un fond coloré uniforme, tandis que volète autour d’elles un oiseau ou un insecte.

Hokusai porte une grande attention à la représentation minutieuse des détails. Il restitue, par exemple, avec soin toutes les nervures délicates qui sillonnent les pétales des hibiscus. Mais dans le même temps, son pinceau se libère et laisse court à un traitement proche de l’esquisse distinct notamment dans les feuilles de l’arbuste.

L’artiste maitrisait parfaitement les techniques de dessin « à l’occidentale » qu’il avait apprises au contact des oeuvres importées d’Europe par les négociants hollandais. Ses nombreuses estampes représentant des quartiers urbains et des paysages montrent en effet qu’il maniait parfaitement le traitement des ombres qui modèlent les volumes, tout comme la perspective unifocale. Cependant, pour cette estampe, il opte pour un traitement traditionnel du motif. Aucune ombre n’est visible. La profondeur n’est pas rendue par la perspective mais par le jeu des aplats de couleurs qui confère à l’ensemble un caractère très décoratif. L’oiseau saisi en plein vol semble effectuer une plongée verticale assez audacieuse. Son angle de vue est radicalement différent de celui qui est adopté par le peintre pour les hibiscus, créant ainsi une distorsion surprenante du motif.

Distorsion des motifs, multiplicité des points de vue, grands aplats de couleurs, absence de perspective… sont autant de caractéristiques propres aux estampes japonaises qui fascineront les artistes Occidentaux dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Beaucoup d’entre eux, à la recherche d’un style novateur, s’inspireront des estampes venus du pays du Soleil levant, pour créer leur propres oeuvres, donnant naissance à ce qu’il est convenu d’appeler en histoire de l’art, le japonisme.

Les visiteurs de l’exposition Hokusai actuellement au Grand Palais seront sans doute frappés par la similitude de certaines estampes du grand maitre japonais avec certaines oeuvres d’un autre artiste qui fut à l’honneur, il y a quelques mois au Grand Palais : Félix Vallotton….

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