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Sainte-Chapelle

Le 26 avril 1248, saint Louis inaugure la Sainte-Chapelle, un merveilleux écrin destiné à abriter les reliques de la Passion qu’il a achetées à grands frais dix ans plus tôt.

Depuis 1237, le roi collectionne en effet avec avidité tout ce qui de près ou de loin a un lien avec le martyre du Christ. En septembre 1238, il apprend que l’empereur latin de Constantinople, Beaudouin II de Courtenay a mis en gage la Couronne d’épines auprès d’un marchand vénitien afin de financer les dépenses nécessaires pour défendre militairement Constantinople contre les troupes bulgares qui l’assiègent. Aussitôt, il propose à Beaudouin de Courtenay de rembourser en son nom l’emprunt considérable qu’il a contracté en échange de la sainte relique. Le roi de France devient ainsi propriétaire de la Sainte-Couronne pour la somme considérable de 135.000 livres tournois, ce qui représente plus de la moitié du revenu annuel du domaine royal… une vraie folie ! Mais la passion du collectionneur ne connaît pas de limite et trois ans plus tard, il récidive. Pour une somme certes plus modeste, il complète sa collection en se portant acquéreur auprès du même empereur de Constantinople, d’un large morceau de la Sainte-Croix et de sept autres reliques, dont une ampoule du Saint-Sang, un fragment de la pierre du Saint-Sépulcre et le Mandylion, cette pièce de tissu avec laquelle le Christ s’est essuyé le visage lors de son ascension du Golgotha et sur laquelle son visage est resté miraculeusement imprimé. Quelques années plus tard, il achète encore la Sainte-Lance et un morceau de la Sainte-Eponge.

Saint Louis recevant la Sainte-Couronne, la Sainte-Croix, la Sainte-Lance et d'autres reliques, enluminures du XIVe siècle, British Library, Royal 16 G VI f. 395

Saint Louis recevant la Sainte-Couronne, la Sainte-Croix, la Sainte-Lance et d’autres reliques, enluminures du XIVe siècle, British Library, Royal 16 G VI f. 395

Le 10 août 1239, le cortège qui accompagne la Sainte-Couronne venue de Constantinople, arrive à Paris. Le roi, son frère et ses fils délaissent leurs atours princiers et, tels de simples pénitents, accueillent le cortège, pieds nus et vêtus d’une simple tunique. Saint Louis décide alors de construire un splendide écrin à la mesure de l’importance donnée aux Saintes reliques. En l’espace de moins de six ans, il fait ériger la sainte Chapelle, véritable dentelle de pierre. On ignore aujourd’hui le nom de l’architecte virtuose qui fut à l’origine de cette stupéfiante châsse presque entièrement vitrée et qui demeure aujourd’hui le chef d’œuvre du gothique rayonnant. Ce que l’on sait en revanche c’est que le roi ne déboursa « que » 40.000 livres pour la faire construire soit plus de trois fois moins que la somme qu’il consacra à l’acquisition de la Sainte-Couronne !

La Sainte-Couronne, aujourd'hui dans le trésor de la cathédrale de Notre-Dame de Paris

La Sainte-Couronne, aujourd’hui dans le trésor de la cathédrale de Notre-Dame de Paris

Si le temps a heureusement conservé leur splendide écrin qui s’élève toujours fièrement aux côté du Palais de Justice sur l’ile Saint-Louis, les précieuses reliques ont, quant à elles, en grande partie disparues. Les descendants du pieu saint Louis les ont dispersées au fil des temps afin de financer leurs dépenses. Lorsqu’éclata la Révolution française, les quelques reliques subsistant encore ont été cachées et sauvées des pillages révolutionnaires. Le reliquaire de la Sainte-Couronne, un fragment de la Croix et un clou sont aujourd’hui présentés dans le trésor de la Cathédrale Notre-Dame.

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