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Henry Auguste - Nef de l'imperatrice

Le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris, Napoléon est sacré Empereur au côté de son épouse Joséphine au cours d’une cérémonie d’un faste incomparable, immortalisée par le peintre David dans son célèbre tableau aujourd’hui au musée du Louvre. Les invités rivalisèrent afin d’offrir au couple impérial les cadeaux les plus somptueux. Ainsi, la ville de Paris offrit au nouvel empereur une vaisselle d’apparat en vermeil de 1069 pièces, connue sous le nom de « Grand Vermeil ». 150 artisans travaillèrent pendant deux mois dans l’atelier du célèbre orfèvre parisien, Henry Auguste, pour le réaliser. Seules 24 pièces de ce service sont parvenues jusqu’à nous, dont cette « Nef de l’Impératrice » et son pendant la « Nef de l’Empereur », toutes deux aujourd’hui dans les collections du musée Napoléon Ier du château de Fontainebleau.

L’instauration d’un régime impérial s’accompagne d’un retour de l’étiquette, cette somme de règles qui régit la vie à la Cour. Il existe trois type de protocoles pour les repas du couple impérial : le grand couvert, le petit couvert et le service dans les appartements intérieurs. Renouant avec la tradition monarchique d’Ancien Régime, le grand couvert, réservé aux événements et aux invités les plus importants, nécessite une vaisselle d’apparat comme celle du Grand vermeil. La Nef de l’Impératrice est une pièce majestueuse de près de 70 cm de haut qui occupe une place essentielle au centre de la table.

Henry Auguste - Cadenas de l'Empereur, service du grand Vermeil - Musée Napoléon Ier, château de Fontainebleau

Henry Auguste – Cadenas de l’Empereur, service du grand Vermeil – Musée Napoléon Ier, château de Fontainebleau

Apparue au Moyen-âge, la nef était un vaisseau d’orfèvrerie qu’on plaçait au centre de la table, devant le personnage de haut rang auquel elle appartenait et qui renfermait, sous clef, tous les objets dont il devait se servir pendant le repas, c’est-à-dire les couverts, les serviettes, les coupes, la salière, les épices etc. La crainte des poisons était alors fort répandue et seul le propriétaire de la nef détenait la clef qui permettait de l’ouvrir. A partir de Henri II, la nef est de plus en plus souvent remplacée dans cet usage par une autre pièce d’orfèvrerie appelée le « cadenas » mais elle ne disparaît pas pour autant des tables royales et princières. Son usage évolua et on y rangea plutôt lles serviettes de tables entre des coussins de senteur.

La nef de l’Impératrice, tout comme celle de l’Empereur qui lui fait pendant, présente une forme de vaisseau qui est également une allusion aux armes de la ville de Paris. Sur le socle portant le N impérial, deux figures féminines assises représentent la Seine et la Marne. Chaque côté de la coque de la nef est orné d’un décor en bas relief, l’un représente Minerve couronnant les arts, l’autre à la Bienfaisance secourant les malheureux. Ce programme décoratif a été choisi pour souligner la générosité et l’amour de l’art de Joséphine, deux des principales qualités qu’il est coutume de lui attribuer. La thématique se répète avec les quatre figures surmontant le bateau, à la proue la Bienfaisance, à la poupe les Trois grâces.

 

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