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Auguste Rodin, La Danaïde, 1889, Paris, musée Rodin

Auguste Rodin, La Danaïde, 1889, Paris, musée Rodin

Les Danaïdes sont des personnages féminins issus de la mythologie grecque. Egyptos et Danaos étaient deux frères jumeaux. Leur père, Bélos régnait sur un vaste royaume comprenant la Lybie, l’Egypte, l’Arabie et l’Assyrie. Egyptos avait donné naissance à cinquante fils et Danaos à cinquante filles, les fameuses Danaïdes. A la mort de leur père, Danaos hérita de la Lybie et Egyptos de l’Arabie. Cependant, Egyptos décida un jour d’envahir l’Egypte, menaçant ainsi la sécurité du royaume de Danaos. Afin de mettre fin à leur rivalité et de réunifier le royaume de leur père, Egyptos proposa alors que chacun de ses fils épousent une fille de Danaos. Ce dernier, craignant une ruse, préféra s’enfuir avec ses cinquante filles. Il construisit un bateau avec l’aide d’Athéna et rejoignit à la voile la ville d’Argos dans le Péloponnèse. Son ancêtre Io étant originaire de cette ville grecque, il espérait en effet pouvoir faire valoir ses droits sur le trône d’Argos. Dès qu’ils apprirent la fuite de leur oncle et de leurs cousines, les cinquante fils d’Egyptos, furieux partirent à leur recherche. Quand ils les eurent retrouvés, ils exigèrent la main de leurs cousines. Danaos n’avait plus d’autre choix que d’accepter leurs demandes en mariage. Il confia cependant à chacune de ses filles un poignard et leur ordonna de tuer leur mari le soir même de leurs noces. Toutes obéirent sauf une. Hypermnestre était trop amoureuse de son mari Lyncée pour mettre fin à ses jours. Le couple prit la fuite, puis Lyncée revint ensuite à Argos pour venger ses frères en tuant son beau-père et toutes les sœurs d’Hypermnestre.

John Waterhouse, Les Danaïdes, 1903, Coll. part.

John Waterhouse, Les Danaïdes, 1903, Coll. part.

Après leur mort, les Danaïdes arrivèrent aux Enfers, où elle furent jugées et précipitées dans le Tartare, ce lieu terrible où les plus grands criminels expient leurs fautes en subissant des tortures physiques et psychologiques. Le supplice imposé aux Danaïdes fut le suivant : elle furent condamnées à remplir éternellement des jarres percées.
Ce mythe des Danaïdes a donné naissance à l’expression « le tonneau des Danaïdes » qui désigne une tâche absurde, sans fin et impossible à mener à son terme. Il a en revanche relativement peu inspiré les artistes au cours des siècles. Ceux qui l’ont illustré, ont le plus souvent choisi de représenter des jeunes filles remplissant des jarres, comme par exemple John William Waterhouse (Les Danaïdes, 1903, coll. part).

Rodin (La Danaïde, 1889, musée Rodin) en fait une interprétation beaucoup plus dramatique et épurée. Il ne représente qu’une seule jeune fille, nue, recroquevillée sur le sol, une jarre renversée à ses côtés. Epuisée et désespérée par l’absurdité de sa tâche, la jeune fille enfouit son visage dans son bras. Son corps arqué traduit sa douleur. Rodin oppose avec virtuosité le corps poli comme de l’ivoire de la jeune fille à l’aspect rugueux du rocher dans lequel la danaïde semble vouloir s’enfoncer. Sa chevelure répandue se confond avec l’eau qui s’écoule de la jarre renversée…

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