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Nymphes et satyre de William Bouguereau (1873, Williamstown, Sterling & Francine Clark Art Institute)

Nymphes et satyre de William Bouguereau (1873, Williamstown, Sterling & Francine Clark Art Institute)

Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle forme d’articles, intitulée « Les mots pour le dire ». Il s’agit d’expliquer les mots utiles pour décrire et/ou comprendre les œuvres d’art. Le mot du jour est « nymphe ».

Les nymphes sont des divinités féminines très présentes la mythologie gréco-romaine. Ce sont des divinités mineures associées à la nature. Ainsi, par exemple, les Dryades président aux arbres, les Naïades aux sources et aux cours d’eau, les Néréides aux mers et océans, les Oréades aux montagnes et aux grottes… Les nymphes forment souvent un cortège qui accompagne des divinités plus importantes. Ainsi, les Ménades entourent Dionysos, les Néréides précèdent Poséidon et Artémis-Diane se baigne en compagnie de ses Nymphes lorsqu’elle est surprise par Actéon… Divinités le plus souvent bienfaisantes, protectrices et insouciantes elles étaient très populaires durant l’Antiquité et on leur rendait un culte important dans toute la Grèce.

Elles étaient réputées d’une grande beauté si bien que nombreux sont les dieux et les hommes qui tombèrent sous leurs charmes. Vertumne est éperdument amoureux de Pomone, Apollon court après Daphné (au propre comme au figuré), Zeus poursuit Callisto… Cependant, durant l’Antiquité, elles n’étaient jamais représentées nues. A partir de la Renaissance, au contraire, les peintres voient de plus en plus souvent, dans ces divinités vivant dans la nature et réputées d’une grande beauté, un prétexte idéal pour représenter librement des nus féminins. De plus, ils les associent également souvent aux satyres, ces êtres sauvages vivant dans les forêts, et qui font partie du cortège de Dionysos, le dieu du vin et de la végétation. Ces derniers représentés avec un corps humain, des membres inférieurs de bouc, des oreilles pointues et des cornes sont réputés pour leur comportement libidineux. La juxtaposition de ces belles jeunes femmes naïves aux courbes parfaites et de ces êtres masculins et libidineux permet aux artistes d’illustrer la concupiscence masculine. Ce type de représentations fréquentes explique d’ailleurs l’évolution progressive du sens des mots nymphes et satyres.  Aujourd’hui, un satyre désigne un individu qui se livre sur la voie publique à des manifestations exhibitionnistes, à des attentats contre la pudeur et une femme est qualifiée de nymphomane (étymologiquement nymphe et mania = folie) une femme au désir sexuel exacerbé…

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