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Leonard de Vinci - Portrait de femme dit la belle ferronniere

C’est officiel depuis la semaine dernière, La Belle Ferronnière va avoir le droit à un lifting! Après la restauration réussie de La Vierge à l’Enfant avec Sainte Anne, il y a quelques mois, le Louvre souhaite aujourd’hui débarrasser cet autre chef d’œuvre de Léonard de Vinci des vernis oxydés qui gênent considérablement sa lisibilité. Voilà une belle occasion pour mettre en avant ce portrait injustement éclipsé par l’incontournable Joconde et pour tordre le cou à une idée reçue qui a la vie dure. Bien qu’il soit universellement connu sous ce nom, ce portrait n’est pas celui de La Belle Ferronnière.

Cette erreur vient d’une confusion qui a longtemps été faite entre deux tableaux. Il existait dans les collections royales deux portraits distincts de jeunes femmes, attribués à Léonard de Vinci, le premier était désigné sous le nom de Dame de Mantoue et le second passait pour représenter La Belle Ferronnière, surnom donné à une maitresse de François 1er, fille de l’avocat Jean Ferron. Le portrait de La Belle Ferronnière est mentionné dans les inventaires royaux comme étant un portrait de profil et ne peut donc être celui-ci. Il s’agit en réalité du portrait enregistré dans l’inventaire du Louvre sous le n° INV786. Ce tableau, quant à lui, est celui d’une Dame de Mantoue.

La "véritable" Belle Ferronnière de Léonard de Vinci (Louvre, INV786)

La « véritable » Belle Ferronnière de Léonard de Vinci (Louvre, INV786)

Comment expliquer cette confusion ? En 1793, lorsque fut créé le Muséum National devenu depuis Musée du Louvre, les deux portraits rejoignirent les collections du musée comme l’ensemble des collections royales. Comme c’est encore le cas aujourd’hui, le portrait de la Dame de Mantoue fut exposé sur les cimaises du musée alors que celui de La Belle Ferronnière était relégué dans les magasins. Le public chercha à reconnaître la célèbre Belle Ferronnière dans les portraits exposés et cru immédiatement l’identifier dans ce portrait en raison du bijou que la jeune femme porte sur le front. Une ferronnière est en effet un bijou à la mode au début du XIXe siècle qui consiste en une petite bandelette ornée d’une pierre précieuse que les dames portent sur le front.

S’il ne s’agit pas de la Belle Ferronnière, qui est donc la mystérieuse Dame de Mantoue ? Son identification est encore aujourd’hui incertaine. Etant donné la grande renommée dont bénéficiait Léonard de Vinci lorsqu’il travaillait à la cour de Ludovico Sforza, le duc de Milan, il semble probable qu’il s’agisse d’une grande dame de la cour. L’hypothèse la plus couramment retenue est qu’il s’agirait de Lucrezia Crivelli qui devint la maitresse de Ludovico Sforza en 1495. On sait aujourd’hui que les panneaux de bois sur lesquels sont peints ce portrait et celui de La Dame à l’Hermine (Cracovie) proviennent du même arbre. La Dame à l’Hermine étant souvent considéré comme le portrait de Cecilia Gallerani, l’autre maitresse connue de Ludovico Sforza, l’image est jolie… Léonard aurait représenté les deux maitresses du duc sur deux planches issues du même arbre !

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