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Renoir - Claude renoir en clown

Renoir fut bien sûr un membre éminent du mouvement impressionniste dans les années 1870, période pendant laquelle il peint notamment son très célèbre Bal au moulin de la Galette (musée d’Orsay, 1877).  Cependant, très rapidement, il eut l’impression d’être dans une impasse et renonça à la manière impressionniste. Après une phase dite « ingresque » pendant laquelle choisit de travailler davantage le dessin et la ligne, il aborde dans les années 1890, une période de maturité sereine à laquelle appartient ce tableau intitulé Claude Renoir en clown (1909, musée de l’Orangerie).

Renoir vit alors des années d’épanouissement et de bonheur tant sur le plan professionnel que personnel. A 50 ans passés, il obtient enfin la reconnaissance en tant qu’artiste, l’Etat lui passe commande d’un tableau (Les Jeunes filles au piano, musée d’Orsay, 1892) et une exposition rétrospective de son œuvre est organisée par le marchand Durand-Ruel en 1892. De plus, il se marie avec sa compagne Aline qui donne naissance à ses deux derniers fils, Jean (en 1894) et Claude (en 1901).

Ce bonheur personnel transparait dans ses tableaux puisqu’il met sa famille au premier plan de son œuvre. Sa femme et ses enfants deviennent des modèles privilégiés. Il représente ici son plus jeune fils, Claude qui a revêtu pour l’occasion un costume rouge de clown et enfilé d’inconfortables bas blancs qui le piquent, comme il le rappellera plus tard.

Les tableaux de cette période donnent l’impression d’une sorte d’aboutissement des recherches de l’artiste sur les principes formels de son art. Il mélange les influences impressionnistes avec d’autres plus classiques. La monumentalité de ce tableau, confortée par les deux colonnes en marbre à droite, et la représentation en pied, autorisent, par exemple, à le rapprocher des grands portraits de Van Dyck ou de Velasquez auxquels il rend un hommage facétieux. Son style a également beaucoup évolué. Sa manière se fait alors plus lisse, la plastique plus précise et la lumière plus régulièrement répandue. On appelle parfois cette période, la période « nacrée » en raison des chairs nacrées et lumineuses de ses modèles, faites de blancs et de roses en demi-teintes.

Serein, apaisé, Renoir devient plus que jamais, durant ces années « le peintre du bonheur ». Il dira d’ailleurs : « Pour moi, un tableau doit être quelque chose de plaisant, joyeux et agréable, oui, quelque chose d’agréable. Le monde est ainsi plein de choses désagréables, qu’il n’est pas vraiment nécessaire d’en fabriquer d’autres ».

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