Mots-clés

, ,

Rubens - Instruction de la Reine

Marie de Médicis, veuve du roi Henri IV et mère de Louis XIII fut sans en aucun doute une forte personnalité…

En 1621, elle commanda à Rubens 24 très grandes toiles retraçant sa vie afin de décorer une galerie de son palais, le palais du Luxembourg, aujourd’hui siège du Sénat. Au-delà du récit biographique, cet ensemble était surtout destiné à délivrer un message politique fort qui justifiait et légitimait son rôle de reine mère au sein du gouvernement car même après la majorité de Louis XIII, Marie de Médicis entendait conserver un rôle important dans les affaires de l’Etat.

Cette commande fut un véritable défi pour Rubens pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il dut réaliser cet ensemble de 24 toiles en un temps record (moins de trois ans). D’autre part, si les cycles iconographiques à la gloire des rois étaient monnaie courante, ceux à la gloire d’une reine étaient beaucoup plus rares. Comment en effet réaliser 24 toiles sur la vie d’un personnage dont le rôle se limitait à épouser le roi et à donner naissance à ses enfants ? Rubens, grand érudit et plein d’esprit, s’en sort avec brio en utilisant des représentations allégoriques destinées à glorifier les aspects les plus banals de la vie de Marie de Médicis, comme c’est le cas ici dans le troisième tableau de cette série, intitulé l’Instruction de la Reine (1623-1625, Louvre).

Tous les dieux sont convoqués pour assurer l’instruction de la jeune Marie, fille du duc Toscane et future reine de France. Celle-ci a lieu dans un paysage étrange, une grotte, peut-être en référence à l’éducation cachée de Jupiter… Dans le fond, une cascade rappelle sans doute les jardins Boboli entourant le palais Pitti dans laquelle Marie grandit à Florence. La petite princesse, agenouillée en robe rouge au centre du tableau, apprend à lire et écrire sur les genoux de Minerve en personne. La déesse est facilement identifiable grâce à son casque et à son bouclier orné de la tête de Méduse qui gît au premier plan parmi les symboles des arts (peinture, sculpture et musique). Au premier plan à droite, un jeune homme, sans doute Apollon, joue du violoncelle pour lui enseigner la musique et l’harmonie. Mercure, quant à lui, descend tout droit de l’Olympe avec son caducée pour lui apporter l’éloquence. Enfin, à droite, les trois Grâces évoquant la beauté féminine couronnent la princesse. Le message est on ne peut plus clair : la jeune fille a bénéficié de la meilleure éducation qui soit pour faire face à ses futures responsabilités… !

Publicités