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Sceptre de Charles V

Ce magnifique objet est le sceptre dit « de Charles V », aujourd’hui dans les collections du musée du Louvre. A son sommet, se trouve une petite statuette en or représentant l’empereur Charlemagne, assis sur son trône, coiffé d’une couronne et tenant dans ses mains un sceptre et le globe impérial. Sous la statuette, s’épanouit une fleur de lys qui était à l’origine recouverte d’un émail blanc aujourd’hui disparu. Au dessous du lys, la boule du sceptre, qu’on appelle « le nœud », est décorée par trois petites scènes figurant des scènes de la légende de la vie de Charlemagne. Ces trois médaillons sont entourés de perles et de pierres serties, autrefois précieuses, remplacées plus tard par des verreries. La hampe en argent doré est ornée de fleurs de lys inscrites dans des losanges.

Le sceptre « de Charles V » n’est en réalité pas celui qu’utilisa le roi Charles V (1337-1380) mais celui qu’il fit fabriquer pour le sacre de son fils, le futur Charles VI. Son iconographie entièrement dédiée à Charlemagne est destinée à renforcer la légitimité de la dynastie des Valois qui règne sur la France depuis 1328 et dont il est le troisième représentant, en rappelant qu’elle descend de l’illustre empereur. En effet, l’accession au trône de France de la maison des Valois est alors fortement contestée par les Plantagenêts et est à l’origine de la Guerre de Cent ans. Ce sceptre témoigne ainsi de l’habilité politique de Charles V justement surnommé « le Sage ».

La grande finesse du travail de l’or ainsi que les pierres précieuses et les perles montées en griffes révèlent par ailleurs le luxe raffiné qui régnait à la cour de ce grand roi et la virtuosité des orfèvres parisiens à la fin du XIVe siècle. Les arts précieux connurent alors un véritable essor, stimulés par les nombreuses commandes du roi Charles V et de ses frères, Louis d’Anjou, Jean de Berry et Philippe le Hardi qui furent tous de grands mécènes.

Ce sceptre, comme la couronne et la main de justice, sont les symboles du pouvoir royal remis au roi de France lors de son sacre. Il était conservé à la basilique de Saint-Denis avec les autres « regalia » et est resté en usage lors des cérémonies de sacre jusqu’au sacre de Charles X en 1825. Il a miraculeusement survécu à la Révolution alors que la plupart des autres regalia ont été détruits. Il vous attend dans les salles des objets d’arts du Louvre, au premier étage de l’aile Richelieu. Nul besoin de faire plusieurs heures de queue pour l’admirer, ces salles sont toujours désespérément vides !

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