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Rosenquist - President Elected

Il y a 50 ans aujourd’hui, le 22 novembre 1963, le président américain John Fitzgerald Kennedy était assassiné à Dallas. Sa jeunesse, son énergie et son style ont définitivement marqué une époque et il reste aujourd’hui un des symboles forts de l’optimisme et du dynamisme de l’Amérique des années 60. Les artistes Pop Art qui reproduisaient dans leurs œuvres les éléments marquants de la société américaine contemporaine (produits de grande consommation, actrices de cinéma ou personnages politiques) l’avaient bien pressenti et ont souvent utilisé son image. Tel est le cas pour ce grand triptyque intitulé President Elect (1960-1961, Centre Pompidou) de James Rosenquist.

Comme Warhol, Rosenquist débute sa carrière comme dessinateur publicitaire à la fin des années 1950. Puis, élevé par une mère peintre qui encourage ses intérêts artistiques, il commence à réaliser d’immenses panneaux mettant en scène les symboles de la société américaine contemporaine et devient au même titre qu’Andy Warhol, Claes Oldenburg ou Roy Lichtenstein, un des chefs de file du mouvement Pop Art américain. Comme il le dit lui-même en 1964, « la peinture est probablement plus amusante que la publicité alors pourquoi ne pas peindre avec la même énergie et même enthousiasme qu’elle, avec sa même force ? »… Ce qui est résume assez bien l’esprit du mouvement Pop Art.

Rosenquist met donc à profit dans son œuvre son savoir-faire de peintre publicitaire. Ce triptyque au format d’une de ces immenses affiches publicitaires qui bordent les autoroutes américaines (plus de 2 mètres de haut et 3,50 mètres de large !) ne ressemble-t-elle pas à une affiche de campagne électorale ? Rosenquist reprend l’échelle monumentale, la simplification formelle et les couleurs vives des publicités contemporaines. Pour réaliser cette œuvre, il juxtapose même trois fragments d’affiches découpées : l’une pour la campagne électorale de John F. Kennedy en 1960 et de deux réclames découpées dans Life, l’une pour un gâteau instantané, l’autre pour la nouvelle Chevrolet. En utilisant ces images facilement identifiables du succès, de la facilité et de la vitesse, il célèbre les valeurs de la société américaine des années 1960 marquée par la surmédiatisation des hommes politiques et les aspirations consuméristes de la classe moyenne américaine.

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