Étiquettes

,

Martini - Saint Martin partageant son manteau

Saint Martin de Tours est mort le 8 novembre 397, il y a 1616 ans exactement aujourd’hui.

Pendant le Moyen-âge, saint Martin fut en France un des saints les plus populaires. Son tombeau, à Tours, était l’objet d’un important pèlerinage. C’est à Tours qu’était également conservée la fameuse « chape » (la cape ou manteau) du saint. Les rois mérovingiens et carolingiens, quand ils partaient en guerre, emportaient avec eux cette  chape que l’on gardait sous une tente. Cette tente dans laquelle ils se recueillaient prit le nom de capella (dérivé du latin capa = la cape) et donna en français le mot chapelle !

Le manteau de saint Martin est en effet l’objet de l’épisode le plus connu de sa vie et la plus représenté par les artistes. Né en Hongrie, Martin est enrôlé très jeune dans l’armée romaine. Un jour de l’hiver 337, alors qu’il est en garnison à Amiens, il aperçoit près de la porte de la ville un mendiant à demi-nu qui grelotte de froid. Il coupe alors son manteau en deux et en donne la moitié au pauvre homme.

C’est la scène qui est représentée ici dans la chapelle Saint-Martin de la basilique inférieure de Saint-François d’Assise vers 1315. Le culte de ce saint s’étend très vite à toute la Chrétienté, il est également très populaire en Italie. Un cycle entier de fresques racontant la vie de ce saint a ainsi été peint dans cette chapelle à Assise par Simone Martini, un peintre siennois né en 1284.

Ce peintre est l’un des acteurs d’une page importante de l’histoire de l’art pendant laquelle ceux que l’on a appelé «les primitifs italiens » mettent au point de nouvelles formules au détriment du hiératisme byzantin qui prévalait alors dans le monde occidental. La suggestion de l’espace et de la perspective et le souci narratif sont les caractéristiques de sa peinture. Si le rendu de la perspectif est encore maladroit, Martini s’efforce de creuser l’espace en représentant à gauche, la porte de la ville d’Amiens selon une ligne de fuite en diagonale. Le peintre cherche également à raconter une histoire vivante, comme si cette histoire était en train de se dérouler sous nos yeux. Saint Martin se retourne vers le mendiant qui le supplie de lui venir en aide, alors que le cheval interrompt son mouvement et se retourne lui-aussi.  Les recherches de Martini s’apparentent à celles du peintre florentin, Giotto. Cependant, l’école siennoise se distingue de l’école florentine par un goût raffiné pour la couleur (admirez les magnifique vert amande, terre de Sienne et jaune orangé) et la préciosité de sa ligne (l’élongation et la sinuosité des silhouettes humaines, l’élégance dansante du cheval).

Advertisements