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Coysevox - Louis XIV

Cette immense statue représentant Louis XIV en pied, aujourd’hui exposée dans la cour du musée Carnavalet, est une véritable miraculée ! Ayant le double tort d’être une effigie royale et d’être en bronze, elle n’aurait jamais dû échapper aux destructions révolutionnaires.

Le 14 août 1792, l’Assemblée législative adopte en effet un décret spécifiant que «toutes les statues, bas-reliefs et autres monuments en bronze, élevés sur les places publiques, seront enlevés» afin que «le bronze de ces monuments, converti en canons, serve utilement à la défense de la Patrie». Ainsi dans les jours qui suivent ce décret, les patriotes vont saisir et détruire la statue équestre d’Henri IV érigée sur le Pont-Neuf, la statue équestre de Louis XIII installée au centre de la Place Royale (place des Vosges), la statue équestre de Louis XIV par François Girardon exposée au centre de la place Louis-le-Grand (place Vendôme) et la statue pédestre de Louis XIV par Martin Desjardins élevée au centre de la place des Victoires… Ce Louis XIV d’Antoine Coysevox qui était exposé devant l’Hôtel de Ville échappa miraculeusement à cette entreprise de destruction systématique. Elle avait été inaugurée le 14 juillet 1689, soit, drôle d’ironie du sort, cent ans jour pour jour avant la pris de la Bastille qui marque le début de la Révolution Française !

Le 30 janvier 1687, Louis XIV se rendit pour la première fois à Paris, depuis son départ à Versailles cinq ans plus tôt. Cette visite exceptionnelle dans la capitale était destinée à célébrer son rétablissement après une grave maladie. Au cours de cette visite, il aperçut dans la cour de l’Hôtel de Ville, la statue en marbre de Gilles Guérin le représentant, victorieux de la Fronde. A la vue de cette sculpture, il déclara que cette image «n’était plus de saison». La ville fit donc retirer la statue de Guérin (aujourd’hui à Chantilly) et en commanda une nouvelle à Coysevox. La statue de Coysevox représente le roi habillé en empereur romain et coiffé d’une perruque. Cette figure met en exergue un roi, non plus guerrier mais pacificateur, accoudé sur un faisceau lié de palmes, symbole de la paix. Elle cherche également à promouvoir l’image du roi très chrétien. Les bas-reliefs qui ornent le socle de la statue mettent en scène la piété royale dans un langage allégorique. Le premier représente La Piété donnant à manger aux pauvres, commémorant le pain que Louis XIV fit distribuer aux parisiens durant la famine de 1662. Le second bas-relief montre La Religion terrassant l’Hérésie célèbre le catholicisme combatif du roi qui révoqua de l’Édit de Nantes, en 1685. Le grand roi nourrit l’âme et le corps de ses sujets…

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