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Le Dominiquin-Sainte Cecile

Domenico Zampieri, dit Le Dominiquin est né le 21 octobre 1581, il y a 432 ans aujourd’hui. Il peint ce tableau aujourd’hui au Louvre, à Rome vers 1617-1618.

Sainte Cécile, dont le nimbe est à peine visible, y joue de la viole de gambe. Le nom de cet instrument, très en vogue à la Renaissance vient de l’italien « viola da gamba », viole de jambe car il se tient entre les jambes par opposition à la « viola da braccio », ancêtre de notre violon, qui se tient dans les bras. Ici, la sainte ne maintient pas son instrument entre les jambes mais ce dernier est posé sur un parapet de pierre au premier plan du tableau. Debout, sur ce même petit muret, un petit ange nu et potelé tient, posé sur sa tête, un livre dans lequel est inscrite une partition. Pourtant, la sainte ne jette aucun regard vers ces portées, elle a les yeux levés vers le ciel, comme inspirée par une musique céleste. Cette attitude nous rappelle que, lors de son martyre, sainte Cécile entendit une musique divine, ce qui en fait aujourd’hui la sainte patronne des musiciens.

Le culte de sainte Cécile est particulièrement vif à Rome dans les premières années du XVIIe siècle car en 1599, lors de travaux dans l’église du Trastevere, on a exhumé le corps de cette sainte romaine, intact ! Le sculpteur Stefano Maderno présent au moment de cette découverte a d’ailleurs immortalisé dans le marbre la sainte dans la position exacte dans laquelle elle a été trouvé, une magnifique statue, dont je vous ai déjà parlé. Le Dominiquin qui était passionné de musique a représenté la sainte à de multiples reprises.

Ce tableau semble être un hommage à Raphaël et à sa Sainte Cécile (1514, Pinacothèque de Bologne). L’œuvre du Dominiquin, formé par les Carrache est très influencé par celle de Raphaël. On retrouve dans ses toiles la même distribution harmonieuse et réfléchie des figures. Les deux personnages et la viole forme trois masses verticales auxquelles répond l’horizontalité du parapet et de l’archet. L’ange, l’instrument puis la sainte se superposent dans une oblique qui va du premier plan à droite à l’arrière plan à gauche. Tout n’est qu’équilibre et harmonie. Les courbes et contrecourbes de la viole, des formes potelées de l’ange ou des vêtements de la sainte contrebalancent les lignes droites de l’archer et du parapet. La lumière douce et dorée venant de la gauche met en valeur les volumes sans clairs obscurs trop prononcés. Le fond neutre et sombre met en valeur le beau visage de la sainte à l’ovale parfait. Un bel exemple de mesure et de classicisme… !

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