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Vlaminck-rue de Marly le Roi

Maurice de Vlaminck est mort le 11 octobre 1958, il y a exactement 55 ans aujourd’hui. Il fut un peintre cycliste et il me semble que cela se ressent dans ses tableaux…

Avez-vous remarqué que, dans cette Rue de Marly-le-Roi (1905-1906, Centre Pompidou), le paysage semble se soulever sur la droite ? On peut bien entendu expliquer cette distorsion spatiale par l’influence considérable qu’exerça Van Gogh sur Vlaminck et que nous avons déjà évoqué dans un autre article (voir Portrait de Derain par Maurice de Vlaminck). Cette perspective bancale rappelle par exemple celle de La chambre à Arles  (1889, musée d’Orsay) peint par Van Gogh… Cependant, les expériences cyclistes de Vlaminck me semblent également déterminantes. L’artiste, dont les moyens sont très modestes et qui a charge de famille très jeune puisqu’il se marie à l’âge de 18 ans et a déjà deux enfants à 22 ans, arrondit ses fins de mois en participant à des courses cyclistes en tant qu’amateur puis professionnel. Il participe par exemple au Paris-Roubaix en 1897. Passionné de vitesse, Vlaminck peint la réalité telle qu’on la perçoit à bicyclette ou au volant d’une automobile. Le coureur cycliste courbé sur son vélo et lancé à vive allure dans un virage, voit le paysage se soulever comme le traduit si justement Vlaminck.

Ce tableau est également marqué par une perspective raccourcie. Les premiers plans sont exagérément dilatés et la ligne d’horizon se referme très rapidement. Voici encore une perception que l’on obtient à grande vitesse. Le thème de la rue ou de la route qui traverse le tableau de part en part, généralement en diagonale pour mieux traduire une impression de dynamisme et de vitesse, demeure une constante dans l’œuvre de l’artiste. Parfois, comme dans une autre toile de l’artiste Les coteaux de Rueil (1906, Centre Pompidou), les bas-côtés de la route sont peints avec de longues touches nerveuses et divisées, n’est-ce pas là encore la perception du cycliste que traduit le peintre ?

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