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Giotto-Saint Francois recevant les stigmates

Saint François d’Assise est mort le 3 octobre 1226, il y a exactement 439 ans aujourd’hui. Sur le panneau principal de ce retable intitulé Saint François d’Assise recevant les stigmates (1295-1300, Louvre), Giotto représente un des épisodes majeurs de la vie de ce grand saint telle qu’elle nous est décrite par saint Bonaventure en 1260. Quelques années avant sa mort, en 1224, François, se retire du monde pour vivre d’ermite sur le mont Alverne. Alors qu’il est en prière, le Christ crucifié lui apparaît sous la forme d’un séraphin, un ange possédant trois paires d’ailes. Lors de cette apparition, il reçoit les stigmates, c’est-à-dire des plaies sur les mains, les pieds et le flanc comme celles du Christ crucifié.

Même si cela ne nous saute pas aux yeux aujourd’hui, ce grand retable est véritablement «révolutionnaire». Dans cette œuvre, apparaît en effet toute la nouveauté du langage de Giotto qui porte en germe celui de la Renaissance.

Alors que la peinture du XIIIe siècle, encore fortement inspirée par l’art byzantin, montre des personnages de face, sans expression, dans une position hiératique et sur un fond d’or, Giotto choisit de représenter son saint François d’une toute autre façon. Il introduit des éléments novateurs et une liberté sans précédent dans son art.

Saint François n’est plus dépeint debout, de face, les bras le long du corps mais au sein d’une scène historique. L’ensemble prend vie. Le fond de la toile n’est pas entièrement doré mais des architectures et un paysage apparaissent, ce qui donne un certain réalisme et une profondeur à la scène. Les deux petites chapelles vues de trois-quarts amorcent les réflexions sur la perspective qui habiteront les artistes du Quattrocento. Giotto décrit avec délicatesse et un certain réalisme la végétation du mont Alverne. Le visage du saint et les plis de ces vêtements ne sont modelés par des effets d’ombres et de lumières qui leur donnent du volume.

Le saint François de Giotto n’est plus une icône, une image volontairement inaccessible et irréelle mais un « vrai » homme qui vit, souffre et évolue au sein de notre monde. A l’image de saint François lui-même, Giotto célèbre par l’intermédiaire de son art, l’importance et la beauté de l’homme et de la nature. L’humanisme est en marche ! Comme le dit très joliment la notice du Louvre, « un monde nouveau, construit et solide nait sous le pinceau de Giotto ». Giotto ouvre les portes de la Renaissance…

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