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Barye- Lion au serpent

Antoine-Louis Barye est né le 24 septembre 1795, il y a exactement 218 ans aujourd’hui.

Il présenta une version en plâtre de son Lion au serpent (1836, Louvre) au salon de 1833 où elle fit sensation. La taille de l’œuvre (1,35 mètre de haut sur 1,85 ma de large) et son réalisme bouleversèrent les visiteurs plus habitués jusque-là aux lions d’ornement hiératiques. Ce lion rugissant à la gueule béante, à la crinière hérissée, aux muscles puissants tendus par l’effort qui écrase d’un violent coup de patte un serpent qui se débat et siffle, ne laissa personne indifférent. On n’avait jamais vu cela ! Alfred de Musset, admiratif, écrit au sujet de cette œuvre : « Le lion de M. Barye est effrayant comme la nature. Quelle vigueur et quelle vérité ! Ce lion rugit, ce serpent siffle…»

Barye consacra l’intégralité de sa carrière à observer, dessiner et sculpter les animaux. Avec lui, l’animal n’est plus représenté comme l’attribut d’un dieu ou d’un héros mythologique ni comme le compagnon du chasseur mais devient le sujet unique de l’œuvre. Il s’attache à rendre le plus fidèlement possible chaque attitude des ours, chiens, loups, oiseaux, crocodiles… qu’il observe avec un œil quasi-scientifique. Pourtant, son orientation vers la sculpture animalière se fait presque par hasard. Il commence sa carrière comme orfèvre dans l’atelier de Fauconnier. Un jour, ce dernier lui demande de réaliser un cerf couché pour orner une soupière. Barye se rend alors à la ménagerie du muséum d’Histoire Naturelle pour étudier l’animal … et c’est pour lui, un choc,  une révélation ! A partir de ce jour, il prend l’habitude de se rendre régulièrement à la ménagerie du Jardin des Plantes pour observer et dessiner toute sorte d’animaux durant des journées entières. Il assiste même parfois aux travaux de dissection qui ont lieu au Museum d’Histoire Naturelle afin de parfaire sa connaissance de l’anatomie animale !

Si ce Lion au serpent eut un tel succès au Salon de 1833, c’est aussi que certains y ont vu une allégorie politique : le lion, symbole de puissance, face au serpent, image de la perfidie, ne peut-il pas être interprété comme l’incarnation d’un roi, Louis-Philippe, qui écrasa la sédition à la fin de juillet 1830 ? Ce dernier commanda d’ailleurs à l’artiste un Lion au serpent en bronze et le fit placer, en 1836, dans le jardin des Tuileries. L’événement provoqua l’indignation d’un des membres de l’Institut qui s’écria : « Prend-on le jardin des Tuileries pour une ménagerie ? Remettez ce lion en cage ! »…Trop de réalisme, sans doute !

 

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