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Bonington - La ferte

Richard Parkes Bonington s’est éteint des suites de la tuberculose, à l’âge de 26 ans, le 23 septembre 1828, il y a 185 ans exactement aujourd’hui.

Son ami, Eugène Delacroix disait de ses œuvres qu’elles sont « des espèces de diamants dont l’œil est flatté et ravi, indépendamment de tout sujet et de toute imitation. » Camille Corot avait une admiration sans borne pour son ainé et déclara qu’une aquarelle de Bonington vue dans la vitrine d’un marchand de la rue de la Paix fut pour lui une véritable révélation qui le décida à devenir peintre de paysages. Comment expliquer dès lors que vous n’avez sans doute jamais entendu parler de ce peintre anglais installé en France ? Bonington fut un peintre admiré par tous les grands peintres de paysages du XIXe siècle depuis l’école de Barbizon jusqu’aux impressionnistes. Il fut également reconnu par les grands collectionneurs comme Durand-Ruel qui appréciait particulièrement ses œuvres. Pourtant, il est aujourd’hui presque inconnu.

Très curieusement, la National Gallery de Londres ne possédait aucune œuvre de cet artiste avant 2012, date à laquelle cette toile intitulée La Ferté lui fut confiée suite à une dation. Le tableau représente une vue de La Ferté, un hameau proche de Saint-Valéry-sur-Somme dans l’estuaire de la Somme. Elle a été réalisée « sur le motif » c’est-à-dire sur place, en plein air. La baie de Somme était un des endroits de prédilection du peintre. Le sable, le ciel et la mer sont rendus par de grands coups de brosse horizontaux. La fluidité et la rapidité de la touche sont saisissantes pour un tableau peint en 1825. Elles s’expliquent peut-être en partie par la formation de Bonington qui fut d’abord un aquarelliste avant de pratiquer la peinture à l’huile. Le rendu atmosphérique du ciel dans lequel on aperçoit au loin un rideau de pluie, la lumière liquide et sereine, très pure, la palette étonnamment claire utilisée par le peintre rapprochent ce peintre anglais installé en France de ses compatriotes Constable ou Turner. Bien que sa carrière fût courte en raison de sa disparition prématurée, Bonington est un maillon essentiel dans l’histoire de l’art de la peinture française du XIXe siècle. Il contribua à initier la génération de grands peintres romantiques français et ceux de l’Ecole de Barbizon aux formules novatrices de la peinture anglaise mise au point 25 ans plus tôt par Turner ou Constable, ouvrant ainsi le chemin à la peinture impressionniste un demi-siècle plus tard.

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