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Théodore Chassériau est né le 20 septembre 1819, il y a exactement 194 ans aujourd’hui. Il y a deux choses qu’il faut retenir au sujet de cet artiste. La première est qu’il est un génie précoce et pressé, une sorte d’étoile filante. Il commence à peindre très jeune. Il a à peine 10 ans quand il entre dans l’atelier d’Ingres en 1830. Celui-ci décèle d’ailleurs immédiatement les dons exceptionnels du jeune Théodore et prédit qu’il deviendra « le Napoléon de la peinture ». Il est reçu au Salon en 1836 à l’âge de 15 ans et meurt en 1856, âgé de seulement 36 ans ! Le deuxième élément intéressant de sa biographie est qu’il combine avec talent et succès l’influence de ses deux illustres maitres que tout oppose, Ingres et Delacroix. Ingres, nous l’avons vu lui apprit la peinture et Chassériau témoigna toute sa vie de sa dette à son égard. Cependant, à partir de 1840, l’influence de Delacroix à qui il voue une profonde admiration, imprègne considérablement l’œuvre de Chassériau. Ses toiles marient alors avec brio la ligne sinueuse d’Ingres aux frémissements colorés et romantiques de Delacroix.

Les Juives d’Alger au balcon (1849, musée du Louvre) est un merveilleux tableau de petites dimensions (35 cm X 25 cm) peint à Paris après un séjour de l’artiste en Algérie en 1846. De ce voyage, il rapporte dans ses bagages, une multitude de croquis pris sur le vif dont il s’inspire pour cette œuvre mais surtout une fascination pour « l’Orient ».

Comme Delacroix après son voyage au Maroc en 1832 comme Victor Hugo qui publie  Les Orientales en 1829, Chassériau cède à l’orientalisme, ce courant né avec les «turqueries» au XVIIIe siècle et qui prend de l’ampleur après 1830 avec la conquête de l’Algérie. Chassériau dépeint avec enthousiasme le costume aux couleurs chatoyantes des deux femmes, leurs yeux soulignés par un épais trait de khôl, la blancheur éblouissante des maisons d’Alger à leur pied, le bleu limpide du ciel méditerranéen, l’architecture exotique de la loggia et de son arcade géminée revêtue de céramique.

Mais en quoi ces deux femmes sont-elles juives ? Il n’y a pas dans le tableau de détails exclusivement juifs. L’identité supposée des figures est une déduction des mœurs de l’époque. Les juives, contrairement aux musulmanes, ne sortaient pas voilées et avaient la possibilité de recevoir chez elles des hommes étrangers à leur foyer. On suppose donc que ces deux femmes qui s’exposent au regard masculin de l’artiste et des passants déambulant dans la rue sous leurs pieds sont sans doute juives…

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