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Van Gogh - Nuit etoilee

La légende dit que pour peindre en plein air de nuit, Van Gogh accrochait des bougies à son chapeau de paille. J’ignore d’où vient cette légende et si elle est vraie, mais une chose est sûre : dès qu’il s’installe à Arles au début de l’année 1888, Van Gogh est obsédé par l’idée de représenter « les effets de nuit ». En juin, il écrit au peintre Emile Bernard : « Mais quand donc ferai-je le Ciel étoilé, ce tableau qui, toujours, me préoccupe ? ». En septembre, il se lance enfin et peint d’abord La terrasse d’un café sur la place du forum à Arles (Otterlo, Rijksmuseum Kröller-Muller) puis ce tableau intitulé Nuit étoilée (musée d’Orsay).

Van Gogh y dépeint une merveilleuse vue du Rhône la nuit. Les lumières des lampadaires à gaz de la ville d’Arles se reflètent dans les eaux sombres du fleuve. Le ciel est illuminé par la constellation de la Grande Ourse que l’on identifie facilement à sa forme de « casserole ». Au premier plan, deux amoureux flânent au bord du fleuve. Dans une lettre à sa sœur il écrit : « Souvent, il me semble que la nuit est encore plus richement colorée que le jour ». Dans ce tableau, il réussit à peindre la nuit sans noir. Il décrit ainsi son tableau à son frère Théo : « Le ciel est bleu-vert, l’eau est bleu de roi, les terrains sont mauves. La ville est bleue et violette, le gaz est jaune et des reflets or roux descendent jusqu’au bronze vert. Sur le champ vert du ciel, la Grande Ourse a un scintillement vert et rose dont la pâleur discrète contraste avec l’or brutal du gaz. »

L’atmosphère qui règne dans ce tableau est encore sereine. Quelques mois plus tard, alors qu’il vient d’être interné, Van Gogh peint un autre tableau également intitulé Nuit étoilée (1889, New York, MoMA), où s’exprime toute la violence de sa personnalité menacée par la folie. Les arbres prennent la forme de flammes alors que le ciel et les étoiles forment des tourbillons menaçants.

Van Gogh a une âme tourmentée et une plume magnifique. Si vous aimez ses oeuvres, je vous recommande la lecture de ses lettres dans lesquelles il tente d’expliquer ses tableaux et ses états d’âme. Qui mieux que lui pourrait pour trouver les mots pour expliquer ses toiles ? Je lui laisse donc le mot de la fin. Au sujet de ce tableau, il écrit à son frère Théo : « J’ai un besoin terrible de, dirai je le mot – de religion – alors je vais la nuit dehors pour peindre les étoiles ».

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