Andre Le Notre - Jardins de Vaux-le-Vicomte

André Le Nôtre est né le 12 mars 1613, il y a 400 ans cette année et, est mort le 15 septembre 1700, il y a 313 ans exactement aujourd’hui. Un double anniversaire qui justifie bien un petit article sur cet illustre jardinier!

Les jardins de Vaux-le-Vicomte sont les premiers jardins entièrement dessinés par Le Nôtre. Lorsque Nicolas Fouquet, le surintendant du roi, fait appel à lui, tous les nouveaux éléments d’un nouveau style de jardin sont déjà en place : la maitrise de l’hydraulique, des lois d’optique, de la topographie, les parterres, les pièces d’eau et les fontaines. Le génie de Le Nôtre sera de synthétiser ces nouveaux savoirs afin de créer à Vaux-le-Vicomte, une nouvelle forme de jardins, dit « jardins à la française » qui connaitra une formidable postérité.

Le principe du jardin à la française tel que le conçoit Le Nôtre va bien au delà des parterres de broderies, des arbres taillés, des bassins, statues et allées bien ordonnées. Pour dessiner ses jardins, Le Nôtre utilise les effets d’optique et les lois de la perspective afin de ménager des effets de surprises aux promeneurs. Ainsi, vu du château, le jardin de Vaux-le-Vicomte donne le sentiment d’être embrassé tout entier dès le premier coup d’œil. Mais ce sentiment est une illusion.

Les grottes qui semblent élevées sur le bord du bassin carré. Mais plus on s’en rapproche, plus elles s’éloignent. Le promeneur découvre qu’en réalité un grand canal transversal invisible s’intercale entre les grottes et le bassin. Ce canal est invisible depuis le château car il a été dissimulé par un jeu de dénivellations.

De même, Le Nôtre utilise le principe de la perspective ralentie. Plus les éléments du jardin sont éloignés du château, plus ils sont longs ou hauts. Ainsi, le parterre de broderies au premier plan est trois fois plus petit que le parterre de gazon situé au bout du jardin. De même, le bassin carré est huit fois plus grand que le rond d’eau. Les sculptures proches du château sont trois fois moins hautes que les termes des grottes. Ce procédé permet d’« écraser la perspective », c’est-à-dire de donner l’impression d’un jardin plus petit qu’il n’est en réalité. Le promeneur qui croit atteindre rapidement la statue de l’Hercule Farnèse au bout du jardin doit finalement faire beaucoup plus de pas qu’il ne l’avait cru en quittant le château !

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