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Ribera - Saint Pierre penitent

José de Ribera est mort le 2 septembre 1652, il y a 361 ans aujourd’hui.

Né en 1591 en Espagne, il part s’installer en Italie lorsqu’il est âgé d’une vingtaine d’années et ne revient jamais dans son pays natal. Il séjourne alors quelques années à Rome. Lors de cette étape romaine, il découvre la peinture du grand Caravage, mort seulement 2 ou 3 ans plus tôt et cette découverte marque profondément son œuvre. En effet, pendant près de 20 ans, Ribera est l’un des plus fidèles adeptes du mouvement caravagesque qui se développe alors dans toute l’Europe. Les œuvres de jeunesse de cet artiste sont marquées par des compositions ténébristes aux éclairages violents  comme dans ce Saint Pierre pénitent (1612-1613, NY Metropolitan Museum).

Ce tableau dépeint l’instant où saint Pierre, les yeux embués par les larmes et les mains jointes en prière, reconnaît qu’il a renié le Christ plusieurs fois avant sa mort.

Il s’inscrit dans une longue série de saints pénitents (saint Pierre pénitent, saint Jérôme pénitent…) ou des philosophes de l’Antiquité (Archimède, Diogène…) dépeints par Ribera comme des mendiants picaresques. En effet, s’il on reconnaît ici facilement saint Pierre à sa courte barbe blanche, son crâne tonsuré et surtout aux clefs posées à ses côtés sur le bloc de pierre, il apparaît clairement que Ribera se complait surtout à détailler avec soin les mains calleuses du saint, ses ongles et ses pieds sales, son visage ridé et ses yeux rougis par les larmes. Ribera emprunte à Caravage ses merveilleux clair-obscur mais il se distingue de son ainé par le calme et le recueillement de ses scènes, l’extraordinaire monumentalité de ses personnages et surtout le réalisme saisissant avec lequel il rend leurs expressions et les textures de leur peau, leurs larmes ou leurs cheveux.

Quelques années après avoir peint ce tableau, il s’installe à Naples où il bénéficie de la protection des vice-rois espagnols et devient le peintre le plus recherché de la ville. Il y rencontre son compatriote Velasquez qui lui achète des tableaux pour le roi Philippe IV d’Espagne et obtient de nombreuses commandes de l’aristocratie espagnole qui dirige la ville. Ses tableaux exportés en Espagne influenceront les peintres espagnols du Siècle d’Or (Velasquez, Zurbaran, Murillo…).

Ce tableau de jeunesse de Ribera est une redécouverte récente. Resté dans la même famille italienne depuis le XVIIe siècle (!), il est acquis par le Metropolitan Museum en 2012.

 

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