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Cogniet - Les Drapeaux

Léon Cogniet est un peintre romantique français, né le 29 août 1794, il y a 219 ans aujourd’hui. Entré à l’école des Beaux-arts de Paris en 1812, il fut l’élève du peintre Pierre-Narcisse Guérin aux côtés de Eugène Delacroix et Théodore Géricault.

Scène de Juillet 1830, dit aussi Les drapeaux, est un petit tableau mesurant à peine 19 cm de haut sur 24 cm de large, conservé au musée des Beaux-arts d’Orléans, comme de nombreuses autres toiles de cet artiste. Il s’agit d’une esquisse d’un tableau qui devait évoquer de façon allégorique les Trois Glorieuses, ces trois journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui marquèrent la chute de la Restauration et l’avènement de la Monarchie de Juillet. Le tableau ne vit jamais le jour mais cette merveilleuse esquisse en garde le souvenir.

Trois drapeaux, représentant chacun une de ces trois fameuses journées, flottent au vent. Le 26 juillet 1830, Charles X tente par quatre ordonnances de remettre en cause le régime constitutionnel : nouvelle dissolution de la Chambre des députés, modification de la loi électorale, organisation de nouvelles élections, suspension de la liberté de la presse. A gauche, de lourds nuages d’orage viennent obscurcir le drapeau blanc portant les armes du roi. En effet, ces ordonnances mettent le feu aux poudres et déclenchent une insurrection populaire dont la violence est évoquée, au centre du tableau, par le rougeoiement des explosions et tirs échangés entre les deux camps. Sur le drapeau surmontant ces explosions, l’emblème royal a été arraché par un coup de canon. Dans la déchirure du drapeau, le bleu du ciel apparaît, la chute de Charles X semble inévitable. A droite, le drapeau blanc royal est en guenille. Avec le bleu du ciel, le reste de tissu blanc et le rouge du sang des révolutionnaires, il figure le retour au drapeau tricolore, créé sous la Révolution française et brandi par les insurgés sur les barricades du 28 et 29 juillet 1830 comme l’a immortalisé Eugène Delacroix dans son très célèbre tableau La liberté guidant le peuple (Musée du Louvre). Le 30 juillet, le roi Charles X est renversé remplacé dès le lendemain par Louis-Philippe qui instaure la Monarchie de Juillet et rétablit le drapeau tricolore comme emblème de la France.

L’esquisse de Léon Cogniet fut reprise par Villains en une lithographie très largement diffusée. Sur cette lithographie afin d’être plus explicite encore, apparaissait à droite, un quatrième drapeau, le drapeau tricolore. Elle était accompagnée d’un poème qui ne laissait guère de doute quant à son interprétation : 
« Aux ténèbres enfin succède la clarté
/ Et des pâles lambeaux du drapeau des esclaves
/ Et de l’azur du ciel et du sang de nos braves
/ Naît l’étendard brillant de notre liberté ».

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