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Borrani - 26 avril 1859

Odoardo Borrani est né le 22 août 1833, il y a 180 ans aujourd’hui.

Il fut un membre important des Macchiaioli, ce mouvement pictural italien de la fin du XIXe siècle que j’ai déjà évoqué fin juin avec La rotonde des bains Palmieri de Giovanni Fattori.

Le mouvement des Macchiaioli est fortement associé au Risorgimento, non seulement parce que les peintres de ce mouvement se sont engagés personnellement pour l’indépendance et l’unité italiennes mais aussi, parce que c’est eux qui en établissent l’iconographie, en peignant de nombreux tableaux d’histoire relatant cet épisode important de l’histoire italienne.

En 1859-1860, lors de ce qu’il est convenu d’appeler «la deuxième guerre d’indépendance», de nombreuses révoltes naissent simultanément aux quatre coins de l’Italie encore divisée en de multiples petits états. Ces révoltes, appuyées par Napoléon III qui engage son armée aux côté des insurgés contre l’Autriche, aboutissent au renversement des régimes en place et à l’unification du royaume de Sardaigne, de la Toscane, d’une partie de la Lombardie, de Parme, de Modène…

Borrani, nationaliste convaincu, s’engage dans l’artillerie toscane lors de la guerre franco-piémontaise contre l’Autriche. En 1861, il peint ce tableau intitulé Le 26 avril 1859 (Viareggio, Istituto Matteucci). Cette œuvre semble représenter une scène de vie domestique à la simplicité émouvante, un peu à la manière de celles de Vermeer. Une jeune fille, installée devant une fenêtre ouverte, est absorbée par des travaux de couture. Cependant, lorsque l’on regarde avec attention le tableau, on s’aperçoit que l’étoffe qui repose sur la table et les genoux de la jeune fille est verte, blanche et rouge… Il s’agit d’un drapeau italien ! La jeune fille en train de coudre le drapeau tricolore à la veille du soulèvement populaire des Florentins qui aboutira le lendemain, 27 avril 1859, à la chute et à la fuite du grand duc de Toscane.

Borrani veut avec cette œuvre attiser le sentiment nationaliste. Il s’agit d’une œuvre militante qui témoigne, à travers des gestes de cette jeune fille, de l’engagement de la bourgeoisie florentine pour l’unité italienne. Borrani peindra également une autre œuvre comparable, Femmes cousant des chemises rouges (1863, coll.privée).

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