Étiquettes

,

La rotonde des Bains Palmieri - Fattori

La rotonde des Bains Palmieri (1866, Florence, Galleria d’arte moderna) peint par Giovanni Fattori, est un des plus tableaux les plus emblématiques du mouvement Macchiaioli, ce mouvement pictural italien de la fin du XIXe siècle (1852-1870) qui mériterait d’être mieux connu en France.

Il représente un des lieux de villégiature favoris de la bourgeoisie italienne de la deuxième moitié XIXe siècle, la vaste rotonde d’un établissement balnéaire de Livourne, les Bains Palmieri. A cette époque, en Italie comme en France, le séjour balnéaire connaît un formidable essor et de nombreux peintres immortalisent cette nouvelle mode du séjour balnéaire, comble de la modernité de l’époque.

Cependant, alors que Boudin dépeint des femmes aux robes élégantes réunies sur les longues plages normandes sous un ciel nuageux, Fattori représente ici sept femmes vêtues des mêmes robes que celles de Boudin, mais assises à l’ombre d’un auvent, pour se protéger d’un soleil que l’on devine brûlant à la vue du ciel quasiment blanc et des ombres très marquées. Le tableau est presque entièrement peint en noir, blanc et gris. Les seules tâches colorées sont le châle de couleur rouge couvrant les épaules et le dos de la femme de droite et une étroite bande d’eau bleue figurant la mer. La macchia (tâche en italien) qui donne son nom où mouvement artistique des Macchiaioli est ici à l’œuvre. Le tableau est construit sur un rapport de couleurs entre les tâches sombres et les tâches claires qui suffisent à tracer les contours de la scène et à l’animer. La simplicité de l’ensemble confine presque à l’ébauche, donne l’impression d’une rapidité d’exécution. Pourtant, esquisses et carnets de croquis témoignent d’une longue maturation avant de parvenir à cette synthèse picturale efficace. La macchia brosse délibérément, non pas par simples petites touches comme les impressionnistes, mais par larges aplats, décors et personnages, ceux-ci étant réduits à de simples silhouettes aux visages volontairement effacés, et ne s’attache à aucune forme de perspective. Les plans se succèdent, sans aucune profondeur. Le peintre ne cherche pas non plus à décrire la psychologie de ses personnages. Il choisit d’une scène, sans enjeu anecdotique, dans un paysage dont l’affrontement des teintes est le seul sujet. Quelle merveille et quelle modernité pour un tableau daté de 1866…

Par l’intermédiaire de ce tableau estival, je vous souhaite un bel été, vous remercie pour votre lecture fidèle de cette page et vous donne rendez-vous en septembre pour de nouvelles découvertes artistiques. Merci !

Advertisements