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Payasage de printemps - Guillaumin

Lorsqu’il s’éteint, le 26 juin 1927, il y a exactement 86 ans aujourd’hui, Armand Guillaumin est le dernier des survivants du groupe des impressionnistes dont il fut un des membres les plus assidus et les plus fidèles. Il participe à tous les événements clés de ce mouvement. Il expose notamment au Salon des refusés en 1863 puis participe à la plupart des expositions impressionnistes de 1874 à 1886. Il entretient une longue amitié avec Cézanne et Pissarro qui admirent son talent et aux côtés desquels il travaille régulièrement. Pourtant, il est aujourd’hui en grande partie oublié. Alors que le musée d’Orsay possède une quarantaine d’oeuvres de ce peintre, aucune n’est aujourd’hui exposée. Comment expliquer ce manque d’intérêt pour un peintre qui avait pourtant l’estime et l’affection de Cézanne ou de Pissarro qui ne sont pas mauvais juges ?

Dès les premières années, Guillaumin se distingue au sein des impressionnistes par touche nerveuse et une palette aux tons très relevés. Cette tendance s’accentue encore après sa rencontre avec Van Gogh à la fin des années 1880. Son refus des demi-teintes, ses accords colorés non conventionnels, ses compositions schématiques sont souvent mal perçus par ses contemporains et passent encore aujourd’hui trop souvent pour des maladresses. Heureusement, en 1892, il gagne à la Loterie nationale, ce qui lui permet d’être d’acquérir une certaine indépendance financière et de se concentrer sur sa peinture, sans se soucier de la réception de cette dernière. À partir de 1893, il loue régulièrement une maison à Crozant et peint inlassablement les paysages de la Creuse qu’il aime tout particulièrement et qui s’accordent parfaitement avec son chromatisme libéré. C’est le cas par exemple avec ce tableau intitulé Paysage de la Creuse au printemps (non daté, coll. part).

Pour conclure, laissons le critique d’art, JK Huysmans (in L’art moderne, 1883) défendre le peintre :

M. Guillaumin est, lui aussi, un coloriste et, qui plus est, un coloriste féroce ; au premier abord, ses toiles sont un margouillis de tons bataillant et de contours frustres, un amas de zébrures de vermillon et de bleu de Prusse ; écartez vous et clignez de l’œil, le tout se remet en place, les plans s’assurent, les tons hurlants s’apaisent, les couleurs hostiles se concilient et l’on reste étonné de la délicatesse imprévue que prennent certaines parties de ces toiles.

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