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Salle de lecture de la bibliothèque sainte genevieve - Labrouste

Henri Labrouste est mort le 24 juin 1875, il y 138 ans exactement aujourd’hui.

Inaugurée en 1851, la bibliothèque Sainte-Geneviève est construite pour héberger le fonds de l’ancienne bibliothèque de l’abbaye Sainte-Geneviève. L’abbaye a été démantelée à la Révolution.  Au début du XIXe siècle, ses bâtiments sont affectés à l’Ecole Centrale (aujourd’hui au lycée Henri IV) et sa bibliothèque qui, par chance, a échappé à la vindicte révolutionnaire, est hébergée au dernier étage de l’École. Cependant au milieu du XIXe siècle, on décide de construire sur la place du Panthéon, un bâtiment autonome, spécifiquement destiné à accueillir les collections de l’ancienne bibliothèque Sainte-Geneviève. Cette décision est en soi novatrice car c’est la première fois en France que l’on construit une bibliothèque autonome, qui ne soit pas l’annexe d’un palais, d’un monastère ou d’une université ! Quand Henri Labrouste se voit confier le projet tout reste donc à inventer.

Il choisit de construire un bâtiment sobre et efficace, c’est-à-dire adapté à sa fonction. Le rez-de-chaussée est très peu ouvert et doté d’immenses murs coupe-feu car destiné à abriter les réserves. Au premier étage, la salle de lecture doit être la plus claire et la plus vaste possible. Il surélève donc la voûte afin d’accentuer la pénétration de la lumière dispensée par les 42 fenêtres et la fait reposer sur des très minces colonnes afin de ne pas entraver l’œil lorsqu’il contemple l’immense salle de lecture. Ceci n’est possible que grâce au recours à une structure (voûte et colonnes) en fonte. L’utilisation d’une structure métallique en architecture n’est pas nouvelle mais jusqu’à présent celle-ci était toujours camouflée par un parement de pierre. Labrouste choisit quant à lui de la laisser totalement apparente. Le fer, matériau industriel jusque là réservé aux ponts, aux gares ou aux halles de marché, est exhibé et magnifié dans un édifice noble, une bibliothèque. Chaque voûte est portée par une série d’arcs en fonte ajourés de motifs d’entrelacs d’inspiration étrusque.

Ce parti-pris stupéfia les contemporains de Labrouste et fut salué par Le Corbusier comme le premier pas vers «l’architecture moderne». Il est vrai que l’utilisation de la fonte puis de l’acier révolutionna l’architecture et permit la construction dans la deuxième moitié du XIXe siècle des Halles Baltard, de la coupole du Printemps, de la Tour Eiffel puis à l’aube du XXe siècle des premiers gratte-ciels américains.

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