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Le porteur d'eau de Seville - Velasquez

Diego Velasquez a été baptisé le 6 juin 1599, il y a 414 ans aujourd’hui.

Edouard Manet, dans une lettre adressée à Baudelaire le 14 septembre 1865, dira à son sujet qu’il fut « le plus grand peintre qu’il n’y ait jamais eu »… Sans être aussi emportée que Manet, je partage son admiration pour ce grand peintre, et tout particulièrement pour ses tableaux de jeunesse.  Le talent de cet artiste se manifeste en effet dès ses toutes premières œuvres alors qu’il a tout juste vingt ans.

Le porteur d’eau de Séville  (Londres, Apsley House, vers 1620) est, par exemple, admirable.Ce tableau représente un homme âgé, le porteur d’eau, offrant un verre d’eau à un enfant. Entre eux, presque invisible dans le fond de couleur terre, on distingue un homme d’âge intermédiaire buvant dans une chope en céramique.

Il est surprenant de voir à quel point cette œuvre semble être inspirée par celles de Caravage alors qu’il est bien peu probable que Velasquez ait vu à cette date la moindre toile du peintre italien. Cela s’explique par la très rapide diffusion du style de Caravage dans toute l’Europe grâce aux nombreux suiveurs qui imitent et déclinent à foison son réalisme et ses merveilleux clair-obscur dans les années qui suivent sa mort en 1610. Ainsi,  Velasquez, subit sans doute l’influence du « caravagisme » importé en Espagne par José de Ribera. Comme Caravage, Velasquez utilise une palette de couleurs restreinte, une gamme obscure de couleurs terreuses, ocre et marron. Comme Caravage également, le jeune Velasquez manie avec virtuosité la technique du clair-obscur qui consiste à éclairer d’un fort faisceau lumineux venant de la gauche le premier plan et à laisser dans l’obscurité le reste du tableau. Ceci permet de mettre en valeur les volumes et les textures de la jarre, de la cruche et du verre, véritable sujet du tableau de Velasquez. La transparence et la perfection du cristal s’opposent à la rugosité du grès de la jarre. Velasquez en bon « caravagiste » a une véritable passion pour la nature morte et fait preuve d’un réalisme et d’un souci du détail éblouissant dans sa représentation des objets. Vous noterez les tâches d’eau et gouttelettes coulant le long de la jarre au premier plan, la figue glissée dans le verre d’eau pour donner du goût à l’eau, les coups et bosses représentées sur la cruche posée sur la table.

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