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Les îles d'Or - Cross

Henri-Edmond Cross est mort le 16 mai 1910, il y a 103 ans aujourd’hui.

Pour commémorer cet anniversaire, je vous propose d’admirer une de ses œuvres, Les îles d’Or (1891-1892, musée d’Orsay) dont la contemplation nous fait du bien pour oublier la grisaille et le froid qui ne veulent pas nous quitter en ce joli mois de mai. Sable chaud, mer scintillante et au loin quatre îles… Il s’agit des iles du Levant, de Port-Cros et de Porquerolles au large d’Hyères, baptisées poétiquement les «Iles d’or» et qui donnent leur nom au tableau.

Cross utilise ici la technique néo-impressionniste mis au point par Seurat (voir l’article consacré à Seurat le 28 mars 2013) qu’il pratique depuis quelques mois. Il peint uniquement avec des petites touches rondes juxtaposées comme son aîné mais prend tout de même des libertés avec les principes établis par Seurat. Pour celui-ci, le point devait être presque invisible grâce à sa petitesse, et surtout ne jamais varier de taille dans la composition. Cross quant à lui préfère moduler leur format : grosses pastilles au premier plan, ils s’amincissent vers le large. De plus, espacés en bas du tableau, les points se resserrent à l’horizon. L’ensemble permet à Cross de créer une belle perspective atmosphérique.

Cette toile extrêmement épurée est sans doute une des plus audacieuses de l’artiste. Avec une palette de couleurs restreinte (bleu, blanc, jaune et un peu de vert) Cross parvient à transcrire parfaitement la brûlante luminosité méditerranéenne, le jeu scintillant du soleil se reflétant dans l’eau et l’horizon brumeux des journées anticycloniques. De plus si la toile reste figurative, Cross est ici au bord de l’abstraction. Le véritable sujet de ce tableau semble être davantage les effets de lumière sur la couleur que le paysage lui-même. Les différents éléments de ce dernier sont réduits à trois larges bandes colorées : le sable, la mer et le ciel.

Pour terminer, je vous relate une petite anecdote amusante : savez-vous que Cross s’appelait en réalité Delacroix mais qu’il a traduit son patronyme en anglais au début de sa carrière pour ce distinguer de son illustre prédécesseur, Eugène Delacroix ?

Pour plus de détails sur la technique néo-impressionniste, vous pouvez consulter l’article du 28 mars 2013 consacré à Seurat en cliquant ici.

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