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Mort de Sardanapale - Delacroix

Eugène Delacroix, né le 26 avril 1798 aurait 215 ans aujourd’hui.

Dans l’esprit de tous, il est LE peintre phare du romantisme. Ce courant artistique, qui se répand partout en Europe au début du XIXe siècle, revendique le sentiment contre la raison et cherche l’évasion dans le rêve, l’exotisme, le morbide et le passé.

Le paroxysme de ce mouvement en peinture est sans doute atteint par Delacroix avec son tableau La mort de Sardanapale (1827-1828, Louvre). Le sujet choisi par Delacroix est par essence un sujet romantique. Il illustre en effet la mort tragique de Sardanapale, roi assyrien légendaire du VIIe siècle. Sardanapale, assiégé dans Babylone choisit de ne pas se rendre mais d’incendier son palais et de périr dans les flammes au milieu de ce qui lui est le plus cher, ses femmes, ses chevaux et son or.

Romantique, ce tableau l’est aussi par sa facture et sa composition. Le peintre semble avoir abandonné toute tentative de perspective réaliste et de cohérence de la composition. Les objets et les corps contorsionnés tourbillonnent emportés par une couleur intense et une touche enlevée. La tension dramatique est soulignée par des effets de lumière théâtraux et le point de vue en diagonal et en contre-plongée adopté par le peintre. L’enchevêtrement des êtres et des objets qui rend parfois le tableau difficile à lire permet de transcrire l’explosion de violence et l’énergie frénétique.

Delacroix fait de sa toile le fer de lance de la bataille qui l’oppose à Ingres, chef de file de l’école classique. Au Salon de 1827, il présente La mort de Sardanapale face à L’apothéose d’Homère d’Ingres. Au culte du dessin et de l’art de la Grèce classique, il répond par l’explosion de la couleur, l’exotisme et l’exaltation du drame.

Pourtant, Delacroix lui-même refusait tout appartenance à une école et disait même «Je suis un pur classique».  Quoiqu’il en soit, il partage au moins un point commun avec les tenants du classicisme et les grands maîtres qui l’ont précédé : une composition longuement étudiée et réfléchie. Même si son œuvre semble faite de spontanéité, Delacroix a réalisé avant de peindre cette toile de nombreuses études préparatoires pendant plus de six mois. Dans ces études,  il analyse un à un chaque élément, testant le mouvement des corps, l’expression des visages, la composition des groupes…

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