Mots-clefs

,

Nkisi nkondi

Je profite de ce « petit trou » dans mon éphéméride des dates de naissance et de décès des artistes pour aborder un art, dont je n’ai pas encore parlé et qui a été une des révélations de mes études d’histoire de l’art, à savoir l’art africain. Pour cela, j’ai choisi une statuette « nkisi nkondi » de la fin du XVIIIe siècle-début du XIXe siècle, provenant du Congo et exposé au Pavillon des Sessions au musée du Louvre.

Au royaume Kongo (empire de l’Afrique du Sud-Ouest qui s’étendait sur une partie de l’Angola, de la république du Congo et du Gabon), en cas de problème de santé ou de conflits avec un autre membre de la communauté, on consultait le prêtre guérisseur, le nganga. Ce dernier utilisait alors une statuette qui représentait l’incarnation d’une entité spirituelle, le nkisi. Cette puissance invisible très redoutée qui punit les coupables pouvait être contrôlée par l’intermédiaire de cette statuette et de pratiques rituelles.

Pour cela, le nganga chargeait la statuette d’un mélange de matières organiques dans une petite cavité au niveau du ventre ou de la tête. Ce mélange constituait l’élément magique qui rendait la statuette efficace. Par la suite, puisqu’il est l’intercesseur entre la personne qui vient le consulter et le Nkisi, le Nganga lèche un clou ou un élément de métal et l’enfonce dans le corps de la statue. 
Il « réveille » ainsi l’esprit du Nkisi et le sollicite par des invocations. Le nkisi se mettait alors en marche pour démasquer, poursuivre et punir les coupables afin de rétablir l’ordre.

Les statuettes nkisi pouvaient avoir une forme humaine, ou comme ici celle d’un chien. L’attitude du chien révèle son esprit quêteur. Tous ses sens sont en éveil : ses yeux en porcelaine sont grands ouverts, sa gueule est ouverte et sa langue pendante !

Chaque clou correspondant à un problème, lorsque l’objet en est couvert, comme ici, cela signifie qu’il a été très efficace !

Publicités