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Noces de cana-Véronèse

Paolo Caliari, surnommé Véronèse parce qu’il est originaire de Vérone, est mort le 19 avril 1588, il y a 425 ans aujourd’hui.

Son tableau, Les Noces de Cana (1563, musée du Louvre) est un tableau hors norme par ses dimensions (6,66 m*9,90 m). Il domine de ses presque soixante-dix mètres carrés la salle des États du musée du Louvre, faisant presque de l’ombre à La Joconde qui lui fait face.

Achevé en 1563, le tableau est immédiatement mis en place dans le réfectoire du couvent bénédictin de San Giorgio Maggiore de Venise pour lequel il a été commandé. Cependant, en 1797, Napoléon Bonaparte entre triomphalement dans Venise. La Sérénissime, comme toutes les villes conquises pendant la campagne d’Italie par les armées du général Bonaparte, doit payer un lourd tribut en œuvres d’art pour honorer le traité de paix de paix de Campo-Fornio. L’immense toile de Véronèse quitte donc son monastère vénitien pour gagner la France. Elle est roulée et transportée par bateau, remontant mers, fleuves et canaux jusqu’au Louvre où elle parvient à l’issue d’un voyage de plus d’un an.

Après la chute de Napoléon et la signature du traité de Vienne en 1815, les alliés récupèrent l’ensemble des chefs-d’œuvre ramenés à Paris par Napoléon lors de ses campagnes militaires en Europe. Le Louvre se vide mais les Français négocient avec l’empereur d’Autriche que Les Noces de Cana reste en France parce qu’elle est trop fragile pour supporter un second voyage. En contrepartie, Louis XVII verse aux Italiens une somme d’argent conséquente et leur offre une toile de Le Brun La Madeleine et le Pharisien, aujourd’hui à l’Academia de Venise.

Le tableau qui avait été jugé trop fragile pour être transporté jusqu’en Italie va pourtant voyager à plusieurs reprises pour être mis à l’abri lors des guerres de 1870 et 1939-1945. Ainsi en 1870, il est transporté jusqu’à Brest où il est mis en sécurité dans l’arsenal. En 1939, il quitte de nouveau le Louvre pour gagner le château de Chambord. Il va ensuite être trimballé à travers la France pour échapper à l’ennemi, il gagnera ainsi le château de Louvigny dans la Sarthe puis l’abbaye de Loc-Dieu dans l’Aveyron. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, il n’a pas quitté les cimaises du Louvre. Après sa restauration en 1992, Carla Bruni et Arno Klarsfeld militèrent poutant pour le retour de l’œuvre en Italie…

 

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