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Tobie et l'ange - Filippino Lippi

Filippino Lippi est mort le 18 avril 1504, il y a 509 ans aujourd’hui.

Peintre florentin de la fin du Quattrocento, il est le fils du très grand peintre Filippo Lippi et d’une nonne carmélite qui lui servait de modèle, Lucrezia Buti. Il apprend la peinture aux côtés de son père mais n’a que 12 ans à la mort de ce dernier. Il entre alors dans l’atelier du peintre Sandro Botticelli, dont l’influence va marquer très fortement ces premières oeuvres. Cette influence est si vive que le grand historien d’art, Berenson, attribue une grande partie des oeuvres de jeunesse de Filippino à un hypothétique artiste qu’il nomme « amico di Sandro ». Filippino emprunte à son maître ses figures allongées et élégantes presque dansantes et leurs têtes blondes. Ceci est par exemple le cas dans ce tableau intitulé Tobie et l’ange (1475-1480, Washington, National Gallery).

Le sujet de ce tableau est tiré du Livre de Tobie de l’Ancien Testament. Tobie est un Juif très pieux, déporté par les Assyriens à Ninive. Il est atteint de cécité et vit dans une grande pauvreté. Il décide d’envoyer son fils, également appelé Tobie, recouvrer une créance en son nom en Médie (Iran). Il paye un jeune homme qui connait le chemin pour accompagner son fils. Ce jeune homme est en fait l’archange Raphaël. Ce voyage sera un véritable succès puisqu’il permettra non seulement au vieux Tobie de récupérer son argent mais également d’être guéri de sa cécité grâce à un onguent fabriqué à partit du fiel extrait d’un poisson attrapé par son fils sur sa route. En hébreu, Raphaël signifie « Dieu guérit ». Dans ce tableau, il tient dans sa main droite un mortier doré utilisé pour broyer les ingrédients destinés à fabriquer les onguents. Tobie tient quant à lui dans sa main gauche le poisson. Un chien les accompagne, comme il est dit dans le Livre de Tobie (Tb 6:1) : « L’enfant partit avec l’ange, et le chien suivit derrière ».

Le thème de Tobie et l’ange est particulièrement prisé à Florence à la fin du XVe siècle. Ceci s’explique sans doute par le fait que les commanditaires de ces oeuvres, de riches marchands florentins, étaient sensibles à cette histoire qui évoque les créances recouvrées et les trajets sans embûches.

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