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Fenêtre - Delaunay

Robert Delaunay est un peintre français, né le 12 avril 1885, il y a 128 ans aujourd’hui.

Parmi les différents artistes qui franchissent le seuil de l’abstraction dans les années 1910, chacun a son moteur qui le propulse dans cette direction. Ceux de Robert Delaunay sont indubitablement la couleur et la lumière.

Au cours de la première période de sa carrière qu’il qualifie lui-même de « déconstructive », il représente des volumes éclatés sous l’action de la lumière en plans colorés, au détriment de la profondeur illusionniste. Dans la série Saint-Séverin (1909-1910), la lumière incurve les lignes des piliers de l’église parisienne et brise celles de la voûte et du sol. Ce processus de désintégration de la forme s’accentue encore dans la série Tour Eiffel (1909 -1911). Sous l’action de la lumière, la célèbre Tour éclate en de multiples fragments.

La désintégration de l’espace, la dissolution progressive de l’objet, le triomphe de la couleur pure le conduiront en 1912 à franchir le pas de l’abstraction. La série Fenêtres, peinte en 1912, témoigne de cette évolution. Le tableau ci-dessous, intitulé La Fenêtre (1912, musée de Grenoble) appartient à cette série. Il se situe à la limite de la non-figuration. Avec cette série, s’ouvre une période plus « constructive », qualifiée par Guillaume Apollinaire de « Cubisme orphique ». Le sujet qui a été pulvérisé par la lumière est recomposé ici dans un espace à deux dimensions, en facettes colorées. L’image de la Tour Eiffel se laisse deviner au centre de la composition mais elle n’est qu’un prétexte. Le véritable sujet du tableau, c’est la couleur. C’est elle qui donne à la fois la forme, la profondeur, la composition et même le sujet. Influencé par la lecture de La loi du contraste simultané des couleurs écrit en 1839 par Gustave Chevreul, Delaunay construit sa composition grâce à la couleur seule. L’espace n’est plus rendu par la perspective linéaire ou aérienne, mais par des contrastes de couleurs qui créent une profondeur.

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