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Divine surprise - Labille-Guiard

Adélaïde Labille-Guiard est une peintre et pastelliste française née le 11 avril 1749, il y a 264 ans aujourd’hui.
Son œuvre est peu connue du grand public, presque totalement éclipsée par celle de sa grande rivale et contemporaine Elisabeth Vigée-Lebrun. Comme madame Vigée-Lebrun, elle fut pourtant une grande portraitiste et pastelliste mais elle ne bénéficia pas du même soutien que sa rivale auprès de la reine Marie-Antoinette, ce qui explique peut-être sa moindre notoriété.
Les portraits d’Adélaïde Labille-Guiard se démarquent par une remarquable maitrise du rendu des matières (étoffes mais aussi cheveux et carnations) et une ressemblance saisissante avec son modèle. Madame Vigée-Lebrun, plus mondaine, est sans doute plus flatteuse avec ses modèles.
Ce portrait de jeune femme, baptisé Délicieuse surprise (1779, LA, Getty Museum) représente une jeune femme, la tête appuyée sur un coussin, qui se retourne pour accueillir l’arrivée d’un visiteur. Son regard et son léger sourire nous laissent penser qu’elle l’accueille avec bonheur. Alors qu’elle se retourne son corsage blanc se détache et laisse apparaître sa poitrine. Une lumière douce et claire fait briller ses yeux, ses dents, ses lèvres et les petits anneaux qu’elle porte aux oreilles. Ce pastel révèle l’immense talent d’Adélaïde Labille-Guiard pour traduire le velouté des carnations, la brillance du tissu soyeux du coussin ou des cheveux.
Avant la Révolution, il est très difficile pour une femme d’exercer le métier de peintre et de rivaliser avec ses confrères masculins. Elles ne peuvent en aucun cas, être élèves dans l’atelier d’un peintre pour apprendre leur métier et peuvent difficilement aborder des thèmes sensuels comme celui de ce tableau, sous peine d’être violemment attaquées. Sous le titre de Supplément de Malborough au Salon, un auteur demeuré inconnu publie en 1783 un phamplet où les femmes peintres dont Adélaïde Labille-Guiard sont injuriées, accusées de signer des œuvres qu’elles n’ont pas peintes seules et d’avoir de nombreux amants !

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