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Beata Beatrice - Rossetti

Gabriel Dante Rossetti est un peintre britannique mort le 10 avril 1882, il y a 131 ans aujourd’hui.
Rossetti est né à Londres dans une famille d’origine italienne très cultivée. Son père, son frère, sa soeur sont poètes et amateurs d’art. Très tôt, il se passionne pour la littérature et l’art médiéval. Il lit notamment Dante (dont il porte le prénom) et Keats et écrit de nombreux poèmes.
En 1848, il fonde avec Hunt et Millais, qui partagent ses goûts artistique et littéraire, la confrérie des Préraphaélites. Il peint alors L’enfance de la Vierge Marie (1849, Londres, Tate Britain) et Ecce Ancilla Domini (idem). Cependant, blessé par les attaques contre le Préraphaélisme, et surtout l’accueil exécrable réservé par le public à Ecce Ancilla Domini, Rossetti cessa pratiquement d’exposer et abandonna quelques temps la peinture pour se consacrer à l’aquarelle. Il utilise une technique particulière d’aquarelle à base de pigments épais mélangés avec de la gomme qui lui permet d’obtenir des effets proches de ceux des enluminures médiévales. Ses sujets sont inspirés des poèmes de Dante qu’il traduit en anglais et de la littérature médiévale. Elisabeth Siddal, son modèle favori, qu’il rencontra en 1850 et épousa en 1860, participa à cette atmosphère. Quand elle mourut, en 1862, Rossetti exécuta le tableau ci-dessous intitulé Beata Beatrice (1864, Londres, Tate Britain), où il donne à la Béatrice de Dante mourante, les traits de sa propre femme. L’oeuvre dégage une atmosphère étrange et symboliste. Un oiseau rouge apporte à la jeune femme une fleur de pavot blanche (allusion à la mort d’Elisabeth Siddal d’une overdose de laudanum ?). Sa tête est rejetée en arrière, les yeux clos dans une sorte d’extase. L’ombre de la mort semble s’étendre sur elle. Derrière elle, au milieu d’un paysage voilé par la brume, l’Amour (en rouge) s’avance, tenant dans la main un coeur enflammé et le regard posé sur Dante (en noir).

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