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Je profite de la future exposition du Louvre « De l’Allemagne, 1800-1939, de Friedrich à Beckmann » qui ouvrira ses portes le 28 mars pour vous parler ce tableau de Caspar David Friedrich, intitulé Auf dem Segler (En bateau, en français). Daté de 1808-1810, il figure dans les magnifiques collections du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Il représente un couple, main dans la main assis sur la proue d’un bateau. Le couple nous tourne le dos, regardant au loin, un horizon brumeux et lumineux où l’on distingue difficilement quelques éléments architecturaux d’une ville vers laquelle ils se dirigent.
Le spectateur est immédiatement projeté à l’intérieur du tableau. Il ne peut pas simplement regarder de loin cette toile. Dès le premier coup d’oeil, il entre dans la scène. Le peintre a choisi un angle de vue très inhabituel pour l’époque qui consiste en une vue très rapprochée. Le mât et la coque sont coupés si bien que le spectateur a l’impression d’être embarqué à bord du bateau avec le jeune couple. En d’autres mots, le spectateur est amené à s’identifier à ce jeune couple qui regarde dans la même direction que lui, qui est embarqué sur le même bateau et se dirige vers le même horizon inconnu.
La composition de ce tableau est très étudiée. Par certains aspects, elle est décentrée, instable, asymétrique (la moitié droite est vide, la moitié gauche pleine) mais par bien d’autres, très équilibrée (le bateau est placé exactement au centre de la largeur, la proue exactement sur l’horizon…).
Embarqué à bord de ce bateau, nous avons alors l’impression de voguer vers l’inconnu mais avec une grande sérénité…

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